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Quatre millions de jeunes chômeurs de plus depuis 2007

OIT

mercredi 23 mai 2012

Le taux mondial du chômage des jeunes pour 2012 reste bloqué à son plus haut niveau de la crise et ne devrait pas redescendre avant 2016 au moins, affirme l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans son rapport 2012 sur les Tendances mondiales de l’emploi des jeunes.



Le taux mondial du chômage des jeunes pour 2012 reste bloqué à son plus haut niveau de la crise et ne devrait pas redescendre avant 2016 au moins, affirme l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans son

Les prévisions montrent que 12,7 pour cent de la main-d’œuvre jeune dans le monde seront au chômage cette année, un taux identique au pic de la crise atteint en 2009 et légèrement supérieur à l’an passé où le chômage touchait 12,6 pour cent des jeunes, selon le rapport 2012 sur les Tendances mondiales de l’emploi des jeunes.

Le taux serait même plus élevé si l’on prenait en compte ceux qui – souvent découragés par le manque de perspectives – abandonnent ou reportent leur recherche d’emploi. Le taux ainsi ajusté situerait le taux de chômage mondial des jeunes à 13,6 pour cent en 2011.

A l’échelle mondiale, il y aura près de 75 millions de chômeurs âgés de 15 à 24 ans en 2012, une augmentation de près de 4 millions depuis 2007.

Les taux de chômage devraient subir une nouvelle pression quand ceux qui prolongent leur séjour dans le système éducatif faute de débouchés professionnels arriveront finalement sur le marché du travail.

« La crise du chômage des jeunes peut être vaincue, à condition toutefois que la création d’emplois pour les jeunes devienne une priorité essentielle du processus politique et que les investissements dans le secteur privé s’accélèrent radicalement », a déclaré le Directeur exécutif de l’OIT pour l’Emploi, José Manuel Salazar-Xirinachs.

« Cela comprend des mesures comme des allègements fiscaux et d’autres incitations pour les entreprises qui embauchent des jeunes, des efforts pour réduire le décalage des compétences chez les jeunes, des programmes d’entreprenariat qui intègrent formation qualifiante, tutorat et accès aux capitaux, ainsi que l’amélioration de la protection sociale pour les jeunes », a-t-il ajouté.

Que se passe-t-il dans les régions ?

Bien que certaines régions se soient redressées après la crise économique, ou ont au moins atténué son impact, toutes sont confrontées au défi majeur de l’emploi des jeunes.

Dans les économies développées, la situation est même pire que ne le laisse penser le taux de 18 pour cent du chômage des jeunes prévu pour cette année, en raison d’une baisse massive de la main-d’œuvre.

Dans la région de la CEI, de l’Europe centrale et du Sud-Est, le taux de chômage des jeunes a légèrement reculé à 17,6 pour cent en 2011. Contrairement aux économies développées, le taux d’activité des jeunes semble avoir augmenté du fait de la crise économique dans la région et peut être en partie imputé à la pauvreté.

En Afrique du Nord, le chômage des jeunes a augmenté de 5 points de pourcentage après les printemps arabes, laissant 27,9 pour cent des jeunes gens sans emploi en 2011. Au Moyen-Orient, le taux était de 26,5 pour cent.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, le taux de chômage des jeunes a augmenté brutalement pendant la crise économique, passant de 13,7 pour cent en 2008 à 15,6 pour cent en 2009. Il est redescendu à 14,3 pour cent en 2011 mais aucun autre progrès n’est attendu à moyen terme.

En Afrique subsaharienne, le taux, de 11,5 pour cent en 2011, est relativement stable depuis 2005.

En Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, il était de 13,5 pour cent en 2011, un recul de 0,7 point de pourcentage par rapport au niveau de 2008.

Même en Asie de l’Est, peut-être la région la plus dynamique du point de vue économique, le taux de chômage était 2,8 fois plus élevé pour les jeunes que pour les adultes.

Parmi les autres grands enseignements :

A l’échelle mondiale et dans la plupart des régions, la crise a eu plus d’impact sur le taux de chômage des jeunes femmes que sur celui des jeunes hommes, la différence était particulièrement sensible en Afrique du Nord. Alors que dans les économies développées, l’impact a été plus fort pour les jeunes hommes.

De nombreux jeunes gens sont confinés dans des emplois temporaires, faiblement productifs ou d’autres types de travaux qui n’augurent pas de meilleurs emplois. Dans les économies développées, les jeunes occupent de plus en plus des emplois temporaires ou à temps partiel tandis que dans le monde en développement beaucoup de jeunes accomplissent un travail non rémunéré de soutien aux fermes ou aux entreprises familiales informelles.

Les jeunes gens qui ne sont ni à l’école ni au travail sont devenus un sujet de grande préoccupation, surtout dans les économies développées. Cette catégorie représente souvent au moins 10 pour cent des jeunes et connaît un essor rapide dans de nombreux pays développés.




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