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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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En bref — Mines et Gaz de schiste

Après la Montagne d’or, un nouveau projet minier géant en Guyane

La commission départementale des mines de Guyane a donné, mercredi 29 avril, un avis favorable à un nouveau projet d’exploitation d’une mine d’or à ciel ouvert dans la commune d’Apatou, sur les rives du fleuve Maroni. Avec 12 voix « pour » et 5 voix « contre », la commission a voté en faveur de l’extension et du renouvellement pour dix ans de cette concession minière située en pleine forêt, dans le nord-ouest du département ultramarin.

Baptisé « Espérance », ce nouveau projet est porté par la compagnie minière étasunienne Newmont et un opérateur local, la Compagnie minière Espérance (CME). Il s’agit d’un projet pharaonique : 20 millions de m3 de roches devront être extraits afin d’accéder à un premier gisement de 65 tonnes d’or. La fosse ainsi creusée devrait faire 300 mètres de profondeur sur 1,5 kilomètre de longueur, soit une superficie équivalente à deux fois et demie la ville de Marseille. L’exploitation de cette mine nécessitera également la construction d’une usine à cyanuration. La CME et Newmont espèrent pouvoir ouvrir la mine Espérance en 2025.

Les représentants des Amérindiens de Guyane et de plusieurs associations environnementales se sont d’ores et déjà prononcés contre ce projet, qui n’est pas sans rappeler celui de la Montagne d’or. Ce dernier prévoyait l’exploitation d’une mine d’or à ciel ouvert à quelques centaines de mètres d’une réserve biologique intégrale située au cœur de la forêt tropicale. Le projet de la Montagne d’or avait été « abandonné » en mai 2019 par le gouvernement, qui l’avait jugé « incompatible avec les exigences de protection de l’environnement ».

L’avancée du projet Espérance semble cependant indiquer que le gouvernement ne souhaite pas pour autant tirer un trait définitif sur l’extraction industrielle de l’or. Selon un rapport de la Direction générale des territoires et de la mer de Guyane, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, chargé des mines, s’est en effet prononcé en faveur du partenariat Newmont-CME.

Avant que l’exploitation de la mine d’or Espérance ne commence, le projet doit encore être validé par décret par le Conseil d’État. Newmont et la CME devront ensuite demander une autorisation administrative, soumise à l’avis de l’autorité environnementale et à la réalisation d’une enquête publique. Un laps de temps suffisant pour obtenir l’abandon du projet ? C’est ce qu’espère le collectif citoyen Or de question, qui lutte contre l’industrie minière en Guyane. Dans un communiqué, Europe Écologie-Les Verts (EELV) et Guyane Écologie ont déclaré soutenir ce collectif. Les deux organisations demandent à l’État d’abandonner définitivement l’ensemble des projets de méga-industrie minière en Guyane, un modèle « écocidaire », qu’elles estiment « tourné vers le seul profit à court terme et la marchandisation du vivant, au détriment de la protection des communs ».

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