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En bref — Agriculture

Barrage de Caussade : les commanditaires condamnés en appel

Le barrage de Caussade forme une retenue d’eau de 20 ha soit 28 terrains de football.

Le président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, Serge Bousquet-Cassagne, et son vice-president, Patrick Franken, ont été condamnés par la cour d’appel d’Agen à dix mois de prison avec sursis et à des amendes. Leur tort : avoir creusé illégalement une retenue d’eau dans le nord de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Les agriculteurs utilisent cette retenue gigantesque de 920 000 m³ — l’équivalent de 245 piscines olympiques — pour irriguer leurs terres. Au grand dam des écologistes, qui dénoncent une « privatisation » des ressources qui déstabilise les écosystèmes.

Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Frankenle avaient été condamnés en première instance à neuf et huit mois de prison ferme respectivement. Le juge n’a, cette fois, pas retenu le délit de mise en danger de la vie d’autrui et s’est donc montré plus clément. La chambre d’agriculture devra s’acquitter d’une amende de 40 000 euros, dont 20 000 avec sursis.

Situé sur la commune de Pinel-Hauterive, l’ouvrage fait l’objet d’un conflit entre défenseurs de l’environnement, agriculteurs et État. Un arrêté préfectoral à l’été 2018 avait certes autorisé la création de la retenue de Caussade, mais celui-ci avait été annulé quelques semaines plus tard. Motif : le projet pourrait entraîner une dégradation de la qualité des eaux du secteur. Soutenue par l’association des maires du Lot-et-Garonne, la chambre d’agriculture du département avait pourtant entrepris dans la foulée les travaux. En toute illégalité. Il y a un an, la cour administrative de Bordeaux a aussi confirmé en appel l’illégalité du projet. Les travaux se sont achevés début 2019. Géré par la Coordination rurale, un syndicat agricole, le barrage permet l’irrigation d’une vingtaine d’exploitations agricoles en saison sèche.

« La justice n’est pas à la hauteur de l’urgence écologique »

France Nature Environnement s’est félicité de la condamnation de la chambre de l’agriculture et de ses dirigeants pour des atteintes environnementales. L’ONG regrette toutefois, que la justice ait réduit les peines. Elle estime qu’elle cède à « la pression du monde agricole et des élus locaux » et que cela « témoigne du fait qu’elle n’est pas à la hauteur de l’urgence écologique ». Elle entend désormais remettre en état le site.

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