D’anciennes mines de charbon deviennent des sources d’énergie renouvelable

11 juin 2015 / Marie Astier (Reporterre)

La ville d’Heerlen, aux Pays-Bas, a bâti sa fortune sur le charbon, avant que ferme la dernière mine, dans les années 1970. Aujourd’hui, la ville s’engage dans la transition énergétique avec un système original : utiliser la chaleur des mines abandonnées comme source d’énergie.


La ville d’Heerlen est coincée dans un petit bout de Pays-Bas, entre la Belgique et l’Allemagne. La commune de 90 000 habitants, comme le reste du territoire, a bâti sa fortune sur le charbon, avant la fermeture de la dernière mine dans les années 70. Un passé industriel douloureux depuis qu’il a apporté le chômage et dévalué l’image de la région.

« On essaye sans cesse de redorer notre image et de trouver de nouvelles sources d’investissement, raconte Hans Van Der Logt, responsable de la transition énergétique à la mairie. C’est dans nos gènes, ici, on veut a tout prix montrer que l’innovation existe toujours chez nous. On travaille beaucoup sur la transition énergétique. »

Hans Van Der Logt

Utiliser l’énergie des mines abandonnées

L’idée est venue d’une de ses collègues à la mairie : dans les mines, plus on descend, plus il fait chaud ; et si l’on utilisait la chaleur des mines comme source d’énergie ? « On a lancé une étude et on a fait des réunions avec les anciens mineurs : ils étaient plus d’une centaine à chaque fois. Ils avaient envie de s’impliquer et de savoir ce qu’on allait faire de leurs mines », poursuit le Néerlandais. Ils aident à repérer les vieux puits et à cartographier les galeries. Grâce au projet, ils retrouvent leur fierté.

« C’est ce qui a poussé le maire à s’impliquer lui aussi. » L’Union européenne accepte de participer elle aussi et finance près de la moitié des 20 millions d’euros nécessaires. Une compagnie d’énergie détenue a 100 % par la municipalité est créée, la centrale géothermique ouvre en 2009.

Le système mis au point utilise l’eau qui a rempli les galeries abandonnées. Elle est à 32 degrés en profondeur, ce qui suffit pour un chauffage au sol ou par les murs. Des pompes permettent de faire circuler l’eau entre les puits de mine et la ville. En été, le système permet même de climatiser les logements. C’est alors l’eau plus proche de la surface, et plus fraîche, qui circule dans les tuyaux.

Un système prometteur

Un complexe de nouveaux bâtiments, avec un théâtre, une bibliothèque et des logements est déjà équipé. « La prochaine étape, c’est de rénover le maximum de logements pour installer ce système de chauffage basse température », se réjouit Hans Van Der Logt.

Selon lui, ce chauffage géothermique émet 65 % de CO2 de moins que le chauffage au gaz. Et les émissions pourraient encore diminuer grâce à l’installation de panneaux solaires pour fournir l’énergie des pompes. « Pour l’instant, seulement 2 % de l’énergie de la ville est fournie par la géothermie, admet le responsable municipal. Mais à terme, on aimerait monter à 20 %. On doit développer un mix énergétique. »

La centrale géothermique de Heerlen

Et puis, le système inspire de nombreux autres territoires miniers en reconversion. « Chaque semaine on a des visiteurs. Ils viennent de France, de Slovénie, de Serbie et même de Chine ! »


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Lire aussi : Pékin ferme ses centrales à charbon, pour retrouver un air respirable en... 2030

Source : Marie Astier pour Reporterre

Photos :
. Hans Van Der Logt : Marie Astier/Reporterre
. Autres : Municipality of Heerlen

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