Hervé Kempf

Entretiens

La campagne présidentielle vue par l’écologie

ÉLECTIONS 2017 -Quand l’écologie mobilise plus la société civile que les candidats

Analyse de la campagne présidentielle, sous le regard de l’écologie.

Emission présentée par Stéphanie Gallet. Avec Hervé Kempf, Floran Augagneur, et Jean-Baptiste Poncelet.

jeudi 20 avril 2017à 9h03

Les candidats ont-ils pris la mesure des défis qui attendent là planète ces prochaines années ? Au cours de la campagne, selon Hervé Kempf « la question écologique a été finalement posée, très paradoxalement en l’absence de candidat écologiste ». Absence que souligne Floran Augagneur : « De manière systématique, dans toutes les élections présidentielles le discours écologique ne passe pas. » Du côté de France Nature Environnement, on est déçu. Après la prise de conscience opérée par la COP21 et l’accord de Paris, « l’environnement n’a pas vraiment existé dans cette campagne », estime Jean-Baptiste Poncelet.

Révolution énergétique, préservation de la biodiversité et des écosystèmes, inquiétudes autour de l’alimentation, pollution de l’air... Autant de sujets qui concernent de près tous les Français, et qui sont susceptibles d’influencer les grands équilibres du monde. Pour autant, sait-on mobiliser sur l’écologie en France ?

« Annoncer la catastrophe ne suffit pas, selon Floran Augagneur, il faut remettre de l’enthousiasme, susciter des passions, avoir des projets, donner envie tout simplement ! » Le philosophe des sciences, conseiller de la Fondation Nicolas-Hulot, a participé à la rédaction de l’ouvrage Le souci de la nature (CNRS). Le discours sur l’environnement « a évolué », explique Floran Augagneur : « Avant on s’intéressait aux freins, maintenant aux moteurs du changement. »

« Les écologistes sont ceux qui savent que la situation est grave. Ils savent aussi qu’il y a des solutions »

COP 21, publication de Laudato Si’, Assises chrétiennes de l’écologie... L’année 2015 aura été riche en réflexions, échanges, débats, prises de consciences. Et après le discours, l’action. Pour Hervé Kempf, auteur de Tout est prêt pour que tout empire (Seuil), l’heure est aux solutions. Parce que « les écologistes sont ceux qui savent que la situation est grave », estime le rédacteur en chef de Reporterre, ils sont en première ligne pour agir. « Ils savent aussi qu’il y a des solutions, et que si on prend la mesure de cette gravité, on mobilise les énergies pour y faire face, y trouver des solutions. »

Le combat écologique a de nombreuses vertus, dont celle de recréer du lien social et de fédérer autour de la recherche de solutions. « Une opportunité de changement formidable » pour Jean-Baptiste Poncelet. Et pour qu’elle soit suivie d’effets, France Nature Environnement (FNE) publie S’engager pour un monde meilleur (Flammarion). À l’occcasion de l’élection présidentielle, une synthèse des propositions que portent les 3.500 associations de protections de la nature en France. Vers la création « d’emplois durables, soutenables, non délocalisables ».


Source : RCF









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