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En bref — Chasse

La chasse du grand tétras bientôt interdite ?

Le grand tétras a disparu des Alpes et est menacé dans les autres massifs montagneux français.

Il y a deux mois, le Conseil d’État avait enjoint au gouvernement d’établir un arrêté visant à interdire la chasse du grand tétras pour une durée de cinq ans. Les choses avancent. Jusqu’au 10 août, ce projet d’arrêté est ouvert à la consultation publique, sur le site du ministère de la Transition écologique.

Emblématique oiseau des forêts montagneuses de conifères, le grand tétras est classé parmi les espèces menacées de disparition en France, sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il a été éradiqué des Alpes et reste très fortement menacé dans les massifs du Jura et des Vosges. Sa population a également diminué de 80 % depuis 1960 dans les Pyrénées, où seuls 2 000 individus subsistent.

Le grand tétras fait partie des espèces menacées de disparition en France

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et France Nature Environnement applaudissent ce projet de moratoire et invitent leurs sympathisants à le soutenir. Les deux associations s’inquiètent cependant de la pérennité du décret. En effet, le Conseil d’État a précisé qu’une telle mesure pourra « être abrogée avant son terme si de nouvelles données rendent compte d’une évolution suffisamment favorable de l’état de conservation » de l’espèce : « Cette mention paraît superflue tant les principales causes du déclin de l’espèce (…) ne semblent pas prêtes de disparaître », déclare la LPO.

En diminution constante depuis plusieurs années, les quotas annuels n’autorisent actuellement que la chasse des mâles de la sous-espèce pyrénéenne de cet oiseau, autrefois appelé grand coq de bruyère. Pour la saison 2021-2022, des arrêtés préfectoraux avaient d’ailleurs fixé à zéro le nombre d’oiseaux chassables, dans les départements concernés. Les fédérations de chasse avaient alors déclaré être les initiateurs de cette décision, s’autoproclamant « gestionnaires responsables et crédibles des écosystèmes », rappelle la LPO : « Force est de constater qu’il n’en est rien puisqu’elles appellent désormais leurs adhérents à s’opposer à l’adoption du moratoire. »

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