La chute dramatique de la biodiversité peut être enrayée, selon une étude scientifique

Durée de lecture : 3 minutes

10 septembre 2020



Est-il possible encore possible d’empêcher l’effondrement de la biodiversité ? Selon une nouvelle étude scientifique publiée le 10 septembre dans la revue Nature, la réponse est oui. L’étude, réalisée par une quarantaine de scientifiques de différents instituts, dresse un constat simple : en associant des mesures de conservation ambitieuses à la transformation de notre système alimentaire, nous parviendrons à restaurer la biodiversité.

Pour parvenir à ce résultat, les scientifiques ont combiné quatre scénarios d’évolution de la biodiversité à huit scénarios d’utilisations des ressources. Ces derniers se basent sur plusieurs mesures, parmi lesquels la réduction du gaspillage, la diminution de la part des protéines animales dans l’alimentation, ou encore l’augmentation des zones protégées.

La plupart (61 %) de ces combinaisons permettraient, d’ici à 2050, de diminuer drastiquement l’érosion de la biodiversité. Dans le meilleur des cas, où l’on appliquerait toutes les mesures, jusqu’à 90 % des pertes de biodiversité à venir pourraient être empêchées. Le tout, en prenant en compte les besoins grandissants en nourriture dans le monde. « Ces actions sont techniquement possibles, économiquement faisables et compatibles avec des objectifs de développement durables plus larges » insistent les scientifiques dans cette étude.

Le déclin de la biodiversité s’accélère

Cette étude intervient alors que, ce jeudi 10 septembre, le WWF publie son rapport Planète vivante, comme tous les deux ans depuis 1998. Ce rapport est fondé sur l’Indice planète vivante (IPV), calculé avec la Société zoologique de Londres. « Il mesure l’abondance des populations mondiales de vertébrés sauvages (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens, reptiles), dit Véronique Andrieux, directrice générale de WWF France. Il est calculé à partir de milliers de données sur le suivi scientifique de 21.000 populations de plus de 4.000 espèces de vertébrés sauvages. »

Cet indicateur qui a dégringolé sans discontinuer ces dernières années, et chute encore : selon le rapport du WWF, on enregistre un déclin de 68 % des populations de vertébrés sauvages étudiées entre 1970 et 2016.

Arnaud Gauffier, directeur des programmes du WWF France, invite à ne pas surinterpréter ce chiffre : « Cela ne veut pas dire que nous avons perdu 68 % des animaux de la planète depuis 1970. Le chiffre ne porte que sur les populations de vertébrés que nous avons suivies. » Soit une toute petite partie du vivant. « Ensuite, poursuit-il, le nombre d’espèces suivies varie à chaque rapport – celui publié ce jeudi intègre 400 espèces et 4.870 populations de plus que celui de 2018 –, ce dont il faut tenir compte lorsqu’on compare les éditions les unes aux autres. »

Mais la tendance générale est bel et bien à une baisse de l’abondance des populations d’animaux sauvages suivies. « Ces dernières années, la vitesse du déclin a un peu ralenti en Europe et en Amérique du nord, notamment parce que les politiques de protection de la biodiversité mis en place ces dernières années ont commencé à porter leurs fruits, note Arnaud Gauffier. Mais en Amérique centrale et du sud, ça plonge à une vitesse affolante. » Les populations des animaux sauvages vertébrés étudiées dans ce coin du globe ont effectivement chuté de 94 % entre 1970 et 2016, « soit le déclin le plus important jamais observé dans une région », souligne le rapport.

L’enjeu prioritaire : arrêter de détruire les habitats naturels

Les causes de ces chutes de biodiversité sont multiples. Planète Vivante 2020 en dresse cinq, toutes en lien avec l’activité humaine. Par ordre de leurs impacts : la perte et la dégradation des habitats, la surexploitation des ressources [la pêche essentiellement, mais aussi la chasse, le braconnage], la pollution, les espèces invasives et les maladies. Et, enfin, le changement climatique.

Le premier facteur de perte directe de biodiversité est la perte et la dégradation des habitats,principalement par le changement d’affectation des terres au profit, notamment, de l’agriculture intensive et de l’élevage industriel.

- Source : Reporterre avec Nature et 20 minutes





Lire aussi : L’Europe a échoué à enrayer le déclin de la biodiversité


28 septembre 2020
Budget 2021 : la transition écologique attendra
Lire sur reporterre.net
28 septembre 2020
En Allemagne, 3.000 activistes ont bloqué plusieurs mines et centrales à gaz et à charbon
Lire sur reporterre.net
28 septembre 2020
Six nouveaux sénateurs écolos au Sénat
Lire sur reporterre.net
26 septembre 2020
Des activistes du climat occupent une rue de Paris
Lire sur reporterre.net
25 septembre 2020
Le conseil départemental de Haute-Marne vote une motion contre le projet de laverie nucléaire à Joinville
Lire sur reporterre.net
25 septembre 2020
Des jeunes du monde entier ont manifesté vendredi pour le climat
Lire sur reporterre.net
25 septembre 2020
Les grèves pour le climat sont de retour
Lire sur reporterre.net
25 septembre 2020
Le gouvernement assure avoir « tiré les leçons » de l’incendie de Lubrizol
Lire sur reporterre.net
24 septembre 2020
Pollution de l’air : l’État français toujours aussi inefficace, selon la Cour des comptes
Lire sur reporterre.net
24 septembre 2020
Total va fermer la raffinerie de Grandpuits
Lire sur reporterre.net
24 septembre 2020
Convention citoyenne : pas de projet de loi avant la fin de l’année
Lire sur reporterre.net
24 septembre 2020
L’association L214 dévoile les dessous des élevages à gibier pour la chasse
Lire sur reporterre.net
23 septembre 2020
La Chine s’engage à la neutralité carbone d’ici à 2060
Lire sur reporterre.net
23 septembre 2020
Néonicotinoïdes : la mobilisation contre le projet de loi s’intensifie
Lire sur reporterre.net
22 septembre 2020
Néonicotinoïdes : betteraviers et scientifiques cherchent des « solutions alternatives »
Lire sur reporterre.net




THEMATIQUE    Nature
28 septembre 2020
À l’île Maurice, rébellion et autogestion contre la marée noire
Tribune
23 septembre 2020
La réforme de la recherche « ne nous incite pas à prendre soin du monde dans lequel on vit »
Entretien
28 septembre 2020
Un an après Lubrizol, les Rouennais manifestent pour la vérité
Reportage


Sur les mêmes thèmes       Nature