La reconstruction de la planète selon l’imaginaire occidental progresse à vive allure

Durée de lecture : 2 minutes

14 juin 2010 / Michel Tibon-Cornillot


Ceci est l’annonce du séminaire d’anthropologie des techniques dont les prochaines séances se tiendront 105 bd Raspail, à Paris, VIe arrondissement, en salle 1, de 17h à 19h, les lundis 25 janvier, 8 février, 22 février, 8 mars, 15 mars, 22 mars et 12 avril.

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La représentation sphérique de la planète Terre tournant autour du Soleil s’imposa dès l’origine des sciences modernes. La diffusion de cette image proposa une sorte d’icône-archétype grâce à laquelle chacun pouvait déjà anticiper sur une possible unification scientifique et technique de la planète. Cette vision ne fut pas seulement l’incarnation de la raison spéculative moderne mais fut présentée en tant que plan de l’atelier et du laboratoire planétaire qui s’ouvraient devant les premières générations des bâtisseurs du monde moderne.

Icône et marque de fabrique des temps modernes, la planète Terre rassemble et annonce en une seule représentation le projet ultime, celui d’une planète reconstruite. Et ce travail de remodelage commencé, il y a cinq siècles, constitua et constitue encore le projet central des sociétés modernes, projet qui forme le cœur de leur histoire et vers lequel converge l’ensemble des performances scientifiques, techniques, industrielles et financières des sociétés industrielles.

L’apparition de plus en plus fréquente de phénomènes à dimensions planétaires indique que la reconstruction de la planète selon les structures imaginaires des occidentaux modernes est en train de progresser à vive allure. Cette expansion qui était déjà clairement lisible dans la réalisation d’armes à dimensions terrestres (tremblement de terre, épidémies, biodétériorations), concerne maintenant l’ensemble des performances
scientifiques, techniques et industrielles. Ces performances interfèrent de plus en plus puissamment avec tous les milieux terrestres provoquant des dégradations irréversibles des milieux végétaux et animaux et induisant des modifications climatiques importantes.

La réalisation du projet de la planète-laboratoire apparaît de plus en plus plausible à travers l’irruption croissante de projets de type géo-ingénieurie mais cette transfiguration terrestre n’engendre que la crainte face à la montée du nihilisme inspirant la marche des sociétés contemporaines confrontées à la « réussite » catastrophique de leurs performances elles-mêmes.

Cette entreprise de reconstruction « générale » du monde engendre plutôt sa destruction ; la métaphore maritime s’impose alors pleinement : les temps modernes font-ils naufrage !



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Source : Courriel à Reporterre.

Première mise en ligne sur Reporterre le 14 janvier 2010.

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