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En bref — Europe

Le Parlement européen relance la bataille du gaz et du nucléaire

Parlement européen.

Deux commissions parlementaires ont rejeté mardi 14 juin l’inclusion du gaz et du nucléaire dans la liste des énergies vertes de l’Union Européenne (ce que l’on appelle la « taxonomie »). Lors d’une réunion conjointe, les eurodéputés des commissions des Affaires économiques et de l’Environnement se sont ainsi opposés au projet de la Commission (76 pour l’objection, 62 contre, 4 abstentions). En conséquence, ce projet devra faire l’objet d’un vote en session plénière, début juillet. Si le Parlement met alors son veto, la Commission devra abandonner le texte ou revenir avec une nouvelle proposition.

Pour les associations écologistes, comme Greenpeace, c’est une victoire. « Poutine et les pollueurs perdent un vote clé », déclare l’ONG dans un communiqué. Elle rappelle aussi que le vote de la commission mixte intervient alors qu’une large mobilisation de la société civile a eu lieu au sein de l’Union européenne ces derniers jours, notamment en Ukraine ou au sein du mouvement climat. Les activistes écologistes dénoncent l’inclusion du gaz et du nucléaire comme « un cadeau à Poutine », qui lui rapporterait des milliards pouvant alimenter le financement de l’invasion de l’Ukraine.

Un désaveu pour Emmanuel Macron

Ce vote est aussi « une défaite pour Emmanuel Macron qui a été l’un des fers de lance du lobbying en faveur de l’inclusion du gaz fossile et du nucléaire dans la taxonomie », souligne Greenpeace. Depuis plusieurs mois, les ONG pourfendaient « l’alliance toxique » dont le président de la République avait pris la tête, entre la France et des pays pro-gaz comme la Hongrie, la Pologne et la République tchèque. Le deal : en échange du soutien de ces États pour l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne, le gouvernement français poussait activement pour l’intégration du gaz fossile. « Oui, il faut un accord sur le nucléaire et cela suppose de défendre le gaz », avait même récemment assumé le président français.

Après ce premier désaveu pour Emmanuel Macron, « tous les regards sont désormais tournés vers le vote en plénière de juillet où nous attendons du Parlement européen le même sens des responsabilités pour le climat et la paix », écrit Greenpeace.

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