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Climat

Le climat pourrait être plus sensible que prévu aux émissions de gaz à effet de serre

L’augmentation du niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère pourrait avoir un effet plus important que prévu sur le climat. C’est ce qu’explique Timothy Palmer, professeur de physique climatique à l’Université d’Oxford, dans un article publié le 26 mai sur le site de la revue Nature.

Depuis les années 1980, les connaissances sur la sensibilité climatique (c’est-à-dire l’évolution de la température de l’atmosphère terrestre en réponse à un changement donné du système climatique) ont peu évolué. Jusqu’à récemment, la plupart des scientifiques estimaient que si les concentrations de CO2 dans l’atmosphère doublaient, la température globale devrait augmenter d’environ 3 °C. Des modélisations récentes remettent cependant en cause ce modèle : elles estiment que, pour le même cas de figure, la température globale pourrait augmenter d’environ 5 °C.

Ces résultats sont dus à une meilleure compréhension du rôle des nuages. Jusqu’alors, le Giec estimait que ces derniers n’auraient aucun effet significatif sur le climat en cas d’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Cependant, « les plus récents modèles suggèrent que les nuages pourraient faire empirer les choses », explique Timothy Palmer. L’un des modèles les plus pessimistes quant à la sensibilité climatique a récemment été testé pour prévoir la météo à court terme. Les résultats, publiés en mars dans le Journal of Advances in Modeling Earth Systems, « ne sont pas rassurants », selon Timothy Palmer : « Ils corroborent ces estimations. »

Ces données devraient être inclues dans le prochain rapport du Giec, qui doit paraître l’année prochaine. Si ces résultats doivent être pris avec précaution, selon certains scientifiques, ils soulignent néanmoins l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre aussi vite que possible. « Plus nous apprenons de choses sur le fonctionnement du système climatique, plus le système terrestre semble fragile, et plus nous devons agir rapidement », explique au Guardian Johan Rockstöm, directeur de l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam. « Nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre aussi vite que possible », conclut Timothy Palmer.

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