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En bref — Chasse

Le gouvernement veut autoriser le piégeage traditionnel des oiseaux

Le vanneau huppé est classé « quasi-menacé » sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine.

Tandis que les études démontrent l’effondrement de nombreuses espèces d’oiseaux sauvages, récemment aggravé par les incendies et canicules, trois nouveaux projets d’arrêtés ministériels prévoient d’autoriser la capture létale de 107 730 d’entre eux.

Soumis à la consultation publique jusqu’au 10 août, les deux premiers projets, portés par le ministère de la Transition écologique, entendent autoriser la chasse de 106 500 alouettes des champs, l’un à l’aide de filets, l’autre à l’aide de cages. Quatre départements sont concernés, à savoir les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques, pour la saison 2022-2023. Un troisième projet d’arrêté défend la tenderie — technique de chasse à l’aide de filets, de 1 200 vanneaux huppés et de 30 pluviers dorés, dans les Ardennes.

2018, 2019, 2020, 2021, 2022… le choix de la récidive

« Ces arrêtés visent une nouvelle fois des espèces dont les statuts de conservation sont défavorables aux niveaux européen et français », déplore la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Depuis 1980, la moitié des effectifs européens de l’alouette des champs, connue pour avoir l’un des répertoires de chant les plus riches du monde des oiseaux, a disparu. Un fort déclin également constaté dans l’Hexagone, où une perte de près d’un quart de sa population a été enregistrée ces vingt dernières années. Le vanneau huppé est quant à lui classé parmi les espèces « menacées de disparition » en Europe, dans la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN).

Le 6 août 2021, saisi par la LPO et One Voice, le Conseil d’État avait pourtant annulé les arrêtés ministériels similaires des saisons 2018-2019, 2019-2020 et 2020-2021. La raison ? Ces pratiques de chasse ne respectaient pas la directive Oiseaux de l’Union européenne.

En dépit de ces interdictions, le ministère de la Transition écologique avait fait le choix de la récidive. Le 15 octobre 2021, « plusieurs arrêtés ministériels autorisant à nouveau [ces pratiques] pour 2021-2022 avaient été publiés au Journal officiel sur ordre d’Emmanuel Macron, soucieux de ménager les fédérations de chasseurs à l’approche des élections », rappelle aujourd’hui la LPO. Une fois encore, les deux associations avaient déposé des recours en référé auprès du Conseil d’État, avant d’obtenir gain de cause le 25 octobre 2021.

Si ces nouveaux projets d’arrêtés, pour la saison 2022-2023, venaient à être publiés, la LPO assure qu’elle les attaquera immédiatement devant le Conseil d’État. En attendant, la LPO invite ses sympathisants à porter haut la voix des oiseaux lors des consultations publiques en cours.

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