Le point sur l’affaire de Rugy : les homards qui ne passent pas

Durée de lecture : 4 minutes

14 juillet 2019 / Hervé Kempf (Reporterre)

Le ministre de la Transition écologique est entrainé dans un maelström, depuis mercredi 10 juillet. Ce jour-là, Médiapart a révélé que, président de l’Assemblée nationale, M. de Rugy avait tenu une dizaine de dîners luxueux sur fonds publics. Voici le résumé de l’affaire, et de quelques jours qui ont bousculé le gouvernement.

  • Le climat a été préparé quelques jours auparavant, par une polémique sur le « château ». Le 26 juin, en pleine canicule, François Ruffin se moque des ministres qui prennent leur voiture avec chauffeur pour quelques centaines de mètres, alors que François de Rugy tient des grands discours sur les gestes écologistes à faire.
    François de Rugy répond le 28 juin en accusant M. Ruffin de « démagogie ».
    M. Ruffin réplique le même jour, dans une vidéo, en parlant du « château » : « Avec son côté aristocratique, le château descend pour vous expliquer comment on va faire de l’écologie dans le pays. » Le match de boxe continue quand M. de Rugy traite dimanche 30 juin le député de fasciste : « Vous savez à qui [M. Ruffin] me fait penser ? À un fasciste ! Les fascistes, ils se comportent comme ça, ils discréditent les gens qui ne pensent pas comme eux, au lieu de débattre, au lieu d’accepter la contradiction. M. Ruffin, il n’accepte pas la contradiction, il transpire la haine de l’autre. »
  • Mercredi 10 juillet, Mediapart publie une enquête, intitulée « La vie de château sur fonds publics des époux de Rugy », dans laquelle le site d’informations montre que, lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale, entre juin 2017 et septembre 2018, François de Rugy a tenu au moins « une dizaine de dîners » privés. Ceux-ci étaient « de somptueuses agapes », recourant aux meilleurs crus de la cave de l’Assemblée et à des mets de luxe, tels des homards - tout ce luxe étant payé par les fonds publics de l’institution et non par les époux de Rugy.
  • À la fin de la matinée, le ministre de la Transition écologique s’explique à l’issue du Conseil des ministres (vidéo à partir de 29’33’’). Il y explique notamment que, durant sa présidence de l’Assemblée nationale, il avait agi pour diminuer des avantages des députés et des présidents de l’Assemblée nationale, et fait diminuer les frais de réception de 13 %. Il présente les dîners litigieux comme des « dîners de travail informels ».
  • En fin d’après-midi du jeudi, M. de Rugy s’entretient avec le Premier ministre. À l’issue de cet entretien, le ministre reste en poste, le service de communication de Matignon indiquant : « Si la moindre ambiguïté persistait à la suite du travail de vérification, (François de Rugy) s’engage à rembourser chaque euro contesté. »
  • Dimanche 14 juillet, Le Journal du dimanche publie une interview de François de Rugy réalisée la veille. Il estime qu’« il y a tout un tas de gens qui se vengent » à son propos et affirme : « Je n’ai rien fait qui soit en dehors des clous. En France, le modèle n’est pas la barre chocolatée de la ministre suédoise. » En 1995, une ministre du gouvernement suédois avait dû démissionner après qu’on eut appris qu’elle avait acheté diverses courses, dont une barre chocolatée, avec sa carte de crédit de fonction.

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Source : Reporterre

Première publication le 13 juillet 2019, actualisation le 14 juillet.

Dessin : © Red !/Reporterre

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