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Législatives

Législatives : pour les ONG écolos, la Nupes est la meilleure élève

Affiches électorales de la Nupes à Paris, le 1er juin 2022.

Plusieurs ONG écologistes ont publié des décryptages des programmes des candidats pour les législatives. Sans surprise, l’alliance de gauche Nupes récolte les meilleurs scores.

Quels sont les meilleurs élèves de l’écologie pour les législatives ? Alors que le premier tour des élections aura lieu le dimanche 12 juin, plusieurs ONG écologistes ont publié des décryptages des programmes des candidats.

L’association L214 s’est intéressée à tous les partis en lice, avec une évaluation fondée sur cinq critères : la sortie de l’élevage intensif, la fin de la pêche industrielle, la démocratisation de l’alimentation végétale, l’engagement des candidats auprès des ONG de protection animale et l’action pour les animaux en tant que mouvement politique. Sans surprise, c’est le parti animaliste qui arrive en tête. À la seconde place ex æquo, le parti Écologie au centre (qui avait notamment soutenu Jean-Marc Governatori à la présidentielle) et la coalition Tous unis pour le vivant.

La Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) arrive en 4e position, récoltant une note générale de 2,6 sur 5, avec une mauvaise note sur la fin de la pêche industrielle et l’alimentation végétale. Les autres partis font pâle figure, notamment Ensemble !, la coalition de la majorité présidentielle, qui frôle le zéro pointé, tout comme le Rassemblement national ou encore le Parti radical de gauche. Au fond de la classe : le parti d’extrême droite d’Éric Zemmour, Reconquête !.

La ligue de protection des oiseaux (LPO), elle, a listé l’ensemble des candidats qui s’engagent sur dix points qu’elle juge « essentiels pour faire face à l’urgence écologique », notamment en matière d’agriculture, d’artificialisation des sols et de biodiversité. L’inventaire est constamment actualisé sur leur site internet et distingue les candidats région par région.

Quant à l’association Générations futures, celle-ci a publié un décryptage des votes des députés durant la précédente mandature, dont certains se représentent aujourd’hui. L’association propose également une liste de recommandations avec dix mesures concrètes sur lesquelles les candidats devraient se positionner, ainsi que l’outil baptisé « Shake ton politique », pour que les internautes puissent interpeller les candidats sur des sujets écologiques.

4/5 pour la Nupes, selon FNE

De son côté, France Nature Environnement (FNE) s’est contenté d’analyser les trois grandes coalitions en lice : Ensemble !, la Nupes et Les Républicains. L’alliance nouée autour de Jean-Luc Mélenchon remporte le meilleur score (4/5) grâce à un programme que FNE estime plus riche et détaillé que les autres partis, avec une vraie prise de conscience sur le sujet de la biodiversité et une gouvernance plutôt démocratique.

« Seules les incertitudes liées aux sujets non tranchés empêchent la Nupes d’être au meilleur score. » Il s’agit de l’abandon des projets d’EPR, et des propositions relatives à la chasse et à la corrida. Les candidats dans le sillage d’Emmanuel Macron récoltent une note de 3/5. « Si la transition écologique apparaît dans les discours, les mesures concrètes semblent encore trop timides ou imprégnées de la croyance que la technologie pourra tout sauver », estime FNE. La fédération reste notamment méfiante sur la proposition de future convention transpartisane au regard de l’échec de la Convention citoyenne pour le climat.

Les Républicains sont les mauvais élèves avec un score de 2/5. Ce qui les sauve du zéro ? Une certaine réflexion sur les sujets santé, notamment sur la qualité de l’air. Mais de manière générale, la biodiversité n’est pas un sujet pour le parti de Valérie Pécresse. « De plus, la volonté de réduire les normes, notamment dans l’industrie et l’agriculture, est régulièrement rappelée, ce qui est fondamentalement contradictoire avec les objectifs de réduction des impacts environnementaux des activités économiques », remarque FNE.

Pour Greenpeace, l’alliance de gauche a une « base solide et aboutie »

Chez Greenpeace, les législatives font la Une du site internet. L’ONG tient à rappeler leur importance pour instaurer « un contre-pouvoir à l’Assemblée nationale pour stopper les lois qui portent atteinte à l’environnement ». Contrairement à la présidentielle, pas de comparateur de programmes, mais une analyse des propositions de la Nupes sur Twitter. Greenpeace estime que l’alliance de gauche possède « une base solide et aboutie pour conduire la France dans les clous de l’Accord de Paris, après un quinquennat de renoncements successifs ».

Elle signale notamment la reprise de l’ISF climatique, l’interdiction des publicités climaticides, la hausse de l’objectif français de réduction des émissions de gaz à effet à - 65 % à 2030, l’interdiction du glyphosate, des fermes-usines ou la sortie progressive des engrais et pesticides de synthèse. L’ONG salue également le soutien à une agriculture plus écologique et aux menus végétariens dans les cantines. Elle regrette néanmoins la divergence du Parti communiste, qui ne souhaite pas sortir du nucléaire, et l’optimisation de la durée de vie des centrales, prônée par le Parti socialiste.

Greenpeace profite de l’occasion pour répondre à ses détracteurs estimant que l’écologie n’est « ni de droite ni de gauche », et qu’elle ne devrait avoir « aucune couleur politique ». Bien que non partisane, l’ONG rappelle que c’est au gouvernement d’impulser les changements vers une économie décarbonée, et qu’elle multiplie les actions de plaidoyer pour encourager les modes de vie les moins polluants.

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