Notre Dame des Landes : la zone est bouclée

Durée de lecture : 3 minutes

17 octobre 2012 / Thierry Dilasser (Le Télégramme)



Accès interdit aux lieux privés de réunion, poursuite de résistance pendant la nuit, la situation reste tendue après l’intervention du 16 octobre.


16 octobre 2012 à 17h08

La nuit de mardi à mercredi s’annonce tendue à Notre-Dame-des-Landes, où une centaine d’opposants au projet d’aéroport ont été évacués, tôt ce mardi matin, par les forces de l’ordre. A en croire les réseaux sociaux, les opposants avaient reçu en début de soirée des renforts venus de l’extérieur et n’avaient aucunement l’intention de se laisser déloger.

Journée mouvementée autour de Notre-Dame-des-Landes. D’un côté, les forces de l’ordre ont procédé à l’évacuation de onze sites (sept maisons et quatre lieux de vie) occupés illégalement par des « squatteurs ». Entendre par ce terme « des militants, pour la plupart des maraîchers, venus défendre le monde paysan, l’agriculture et le bocage », précise Christian Grisolet, vice-président de l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes).

Tensions en fin de matinée

D’après le témoignage de Sylvain Fresnseau, exploitant agricole présent sur place ce mardi matin, ces évacuations se sont déroulées « à peu près sereinement », du petit matin jusqu’en fin de matinée. Là, vers 11 h 30, « les forces de l’ordre se sont montrées plus virulentes » : « Ils ont sorti les gaz et certaines personnes ont été prises à partie ». « Ont-ils reçu des consignes ? Commençaient-ils à trouver le temps long ? Je ne saurais dire », continue Sylvain Fresneau, l’un des nombreux opposants à ce projet d’aéroport cher à Jean-Marc Ayrault.

« Interdiction de se réunir »

Chose plus étonnante, les autorités ont, d’un autre côté, interdit l’accès à La Vacherie, lieu symbole de l’opposition. Une réunion, pourtant prévue et annoncée publiquement depuis plusieurs jours, devait s’y tenir. « Il était visiblement illégal de se réunir à La Vacherie aujourd’hui », constate encore, amer, Sylvain Fresneau. « Un lieu pourtant privé », insiste-t-il.

« Extrêmement surpris »

« Les autorités ont, à l’évidence, décidé d’accentuer la pression sur les opposants en les empêchant de se réunir, reprend à son tour Christian Grisolet. On n’a pas eu d’explications. Il nous a fallu parlementer pour que le passage soit libéré. Ce qui nous a été accordé dans un premier temps, par l’intermédiaire d’un lieutenant de gendarmerie en contact avec la préfecture, avant que le passage ne soit à nouveau bloqué quelques instants plus tard. On ne sait pas trop ce qui se trame dans les locaux de la préfecture. Mais on constate que la répression monte d’un cran. Nous sommes tous extrêmement surpris, d’autant plus que La Vacherie n’est pas un lieu sensible. Et cela revient à interdire le droit à se réunir... ».

« Il se passe de drôles de choses... »

Pour les militants, la suite des événements s’annonce incertaine. « Les gendarmes vont-ils rester ? La surveillance des habitations occupées va-t-elle être confiée à une entreprise privée ? Va-t-on retrouver notre droit à se réunir ? », s’interroge Sylvain Fresneau. « On fera le point en fin de journée. Mais tout ce que je peux dire, c’est qu’il se passe de drôles de choses en ce moment dans le secteur... ».






Source et photo : Le Télégramme

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