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Rencontres-débats « Mondes paysans, marchandisation du vivant et résistances », à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis)

Date
Le samedi 25 septembre 2021
https://www.campus-condorcet.fr/fr/...

Le modèle agricole productiviste favorise l’utilisation de machines surpuissantes et high-tech, qui rendent l’agriculteur dépendant de l’ingénieur, des pouvoirs financiers, de l’expansion numérique. Ces pratiques ont également un impact sur les milieux naturels, les communautés paysannes, l’aménagement du territoire, l’emploi rural, la santé, l’offre alimentaire. « En somme, la logique « techniciste » et industrielle en agriculture affecte toute la société ». Comme l’expose la coopérative l’Atelier Paysan, « l’escalade technologique permanente, rarement perçue comme un facteur décisif, assure la poursuite du mouvement de dépossession et d’élimination des agriculteurs ». Mouvement global contre lequel se forment et se réinventent des résistances.

Né en 2009 en Isère, l’Atelier Paysan propose une réorientation complète afin d’unir les paysans et paysannes sur la question des techniques agricoles. Référencer, concevoir, colporter. En partant des besoins des paysans, la coopérative, aujourd’hui présente également en Bretagne et dans le Minervois constitue une plateforme de ressources et de formations qui essaime ces communs sur tout le territoire français dans un esprit d’autonomie et de réappropriation des savoirs et des savoir-faire agricoles.

Les trois sociétaires présents, Emmanuel Aze (Lot-et-Garonne), Florian Marteau (Morbihan) et Nicolas Decome (Bouches-du-Rhône) exposeront les constats et les actions de l’Atelier Paysan, dans une perspective de transformation sociale. Nous aborderons ensemble les propositions de l’essai politique Reprendre la terre aux machines, Manifeste pour une autonomie paysanne et alimentaire.

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A l’occasion de la publication de son ouvrage La croissance verte contre la nature, Critique de l’écologie marchande (La découverte, 2021), nous accueillerons en deuxième partie Hélène Tordjman, économiste et membre du Centre de recherche en économie de Paris-Nord. Avec elle, nous analyserons les différents mécanismes d’instrumentalisation du vivant à l’œuvre à l’heure actuelle.

« Capital naturel », « services écosystémiques », « solutions basées sur la nature », « bioéconomie inclusive », « croissance verte » : toute une novlangue faite d’acronymes et de détournements du langage s’est développée. Nous pourrons échanger ensemble sur les écueils de cette conception utilitariste et marchande de la nature et analyser la fuite en avant technologique résultant des interactions des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information et sciences cognitives). A ce titre, le développement des agrocarburants est « l’un des derniers avatars de l’agriculture industrielle ». Nous verrons comment ces carburants dits « propres » sont « symptomatiques de la contre-productivité de ce qu’Ivan Illich appelait les « grands systèmes industriels » : multiples externalités négatives, perte d’autonomie des paysans et menaces sur la souveraineté alimentaire mondiale ». Et nous pourrons parler des alternatives aux logiques d’efficacité et d’asservissement des processus naturels, en termes de production et de savoirs.

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Dans le contexte des crises actuelles, et leurs perspectives d’évolution en Île-de-France, nous inviterons également Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) et porte-parole historique de la lutte contre le projet de centre commercial EuropaCity. Alors que ce dernier a été abandonné, le projet de construction d’une gare en plein champ perdure.

Constitué en mars 2011, le CPTG organise des rassemblements et des actions pour préserver les 80 hectares de terres agricoles fertiles de Gonesse, dans le Val d’Oise.

Nous donnerons enfin la parole à un membre du collectif des jardins des Vertus à Aubervilliers.

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Session présentée et animée par Edouard V. Piely, journaliste et chargé de la vie associative à Sciences Critiques.

Cette nouvelle session, consacrée aux luttes des mondes paysans et à la critique des logiques d’artificialisation et de marchandisation du vivant, se situe dans la continuité des questionnements et suggestions proposés dans les sessions* organisées par Sciences Critiques depuis la création de l’Université du Bien Commun.

* Les 2 précédentes sessions organisées par Sciences Critiques à l’UBC Paris :
La technologisation de la vie et ses conséquences sur les communs – 13 janvier 2018
Biens communs, critique du numérique et enjeux démocratiques – 9 février 2019
peuvent être réécoutées en suivant le lien de la sonothèque de l’UBC Paris :
https://audioblog.arteradio.com/blog/98891/universite-du-bien-commun-a-paris

Contact : [email protected] / [email protected]

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