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En bref — Énergie

Taxer les superprofits des firmes pétrolières ? Le chef de l’ONU est pour

Antonio Gutterres, secrétaire général de l'ONU, en septembre 2021.

« Il est immoral que les firmes du pétrole et du gaz engrangent des profits records grâce à la crise énergétique sur le dos des plus pauvres, le tout ayant un énorme coût pour le climat. J’exhorte tous les gouvernements à taxer ces profits excessifs. » Mercredi 3 août, à l’occasion d’une conférence de presse sur les conséquences mondiales de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, d’après l’AFP, jugé « scandaleux » les superprofits dégagés au premier trimestre 2022 par les multinationales des hydrocarbures.

D’après les estimations de l’organisation internationale, ces profits records, révélateurs de la « cupidité ridicule » de ces entreprises (BP, ExxonMobile, Shell, TotalEnergies…), s’élèvent à 100 milliards de dollars sur cette période. Antonio Guterres a en outre appelé à ce que ces taxes servent à « soutenir les plus vulnérables en ces temps difficiles ».

Des taxes rejetées par la droite française

Dans l’Hexagone, le débat sur ces superprofits s’est récemment invité au Parlement, notamment au regard des bénéfices considérables — le mot est faible — engrangés par TotalEnergies. Le groupe français, qui n’a pas payé d’impôts sur les sociétés en France en 2019 et 2020, a dégagé plus de 10 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2022, profitant de la hausse des cours du pétrole et du gaz. Alors que l’inflation ne cesse d’augmenter, les parlementaires de gauche (et de l’Union centriste côté Sénat) ont milité pour l’instauration d’une taxe sur ces superprofits, en vain : respectivement les 23 juillet et 1ᵉʳ août, l’Assemblée nationale puis le Sénat — ou plutôt les députés et sénateurs de Renaissance et des Républicains — ont rejeté les amendements allant dans ce sens.

D’autres pays européens — Royaume-Uni, Italie, Hongrie — ont décidé de taxer les producteurs de gaz et de pétrole.

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