Le projet d’EPR en Grande-Bretagne soulève de nombreuses questions

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21 octobre 2015

Alors qu’EDF a signé mercredi 21 octobre l’accord pour construire 2 réacteurs EPR en Grande-Bretagne, les questions posées outre-Manche sont nombreuses.

- La technologie est-elle dépassée ?

Les déboires des EPR en construction à l’étranger ont été suivis de près au Royaume-Uni puisque c’est cette technologie qui sera utilisée à Hinkley Point. « Aucun projet n’a été achevé pour l’instant », soulignent les analystes de HSBC, et les retards s’accumulent, augmentant à chaque fois le coût des EPR : neuf ans à Olkiluoto en Finlande, quatre ans à Flamanville en France, trois ans à Taishan en Chine.

- Un projet trop coûteux ?

Le coût du projet, qui sera porté par le consommateur britannique, est vivement critiqué outre-Manche. A 18 milliards de livres hors financement, il atteint plus du double que ce qui était prévu au départ en 2008.

- Un investissement inutile ?

La Grande-Bretagne redoute de ne plus produire assez d’électricité dans quelques années, ce qui explique le soutien du gouvernement à des projets comme Hinkley Point. Les centrales nucléaires britanniques arrivent en fin de vie, et les vieilles centrales au charbon, trop polluantes, doivent être fermées. Les analystes de HSBC remettent en question ces certitudes. Ils soulignent que la demande recule de 1 % par an, grâce aux mesures d’économie d’énergie en particulier.

- La Chine est-elle un partenaire fiable ?

Le groupe chinois CGN va prendre une participation majoritaire, de 66,5 %, dans la future centrale de Bradwell, située à 90 kilomètres à l’Est de Londres. Si le projet est mené à son terme, ce serait la première fois qu’une centrale nucléaire occidentale est détenue par la Chine. Selon le « Times », les services de renseignement britanniques s’en sont alarmés auprès du gouvernement.

- Un projet écologique ?

Les réacteurs de Hinkley Point et les autres centrales nucléaires en projet outre-Manche aideront le Royaume-Uni à atteindre ses engagements de réduction des gaz à effet de serre, soulignent EDF et le gouvernement britannique. Les émissions doivent être réduites de 35 % d’ici à 2020 par rapport à la base de comparaison de 1990, et de 50 % en 2025. Les associations de défense de l’environnement regrettent que l’exécutif soutienne ce projet tout en réduisant les subventions aux énergies renouvelables comme l’éolien terrestre.

- Source : Les Echos




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