En partenariat avec les Editions du Seuil, Reporterre édite une collection de documents sur des questions écologiques d'actualités
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Les néo-paysans

Un livre écrit par Gaspard d'Allens et Lucile Leclair

De la ville au champ, ils ont défriché une longue route, goûté aux bonheurs simples, affronté les obstacles. Parole à ceux qui ont franchi le cap !

« C'est drôle, lorsque j'étais infirmière, pour plaisanter entre nous, on s'appelait ' Madame la fermière ' ! A l'époque, j'étais loin de penser que j'allais devenir apicultrice. »
Dorothée, apicultrice dans les Cévennes

« Il y a quelques années, j’allais chercher mes légumes dans une AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne). Discuter avec les maraîchers m’a montré qu’il était possible de passer de l’autre côté. Maintenant c’est moi qui distribue les paniers ! »
Guillaume ingénieur désormais installé sur une ferme en lorraine

Quand j’ai decide de devenir vigneronne, les voisins agriculteurs m'ont dit :
« - Et ton mari s'installe quand ?
- Il ne travaillera pas à la ferme. Je leur ai répondu
- Ah bon ? Mais qui va passer le tracteur ? Qui va s’occuper des enfants ? »

Valérie, désormais presidente du syndicat des vignerons de l’AOP d’Orléans

« Moi, je suis passé de la maréchaussée au maraîchage »
Sylvain, ancien policier municipal à Thionville

« Faire ce que j'aime n'a pas de prix, quitte à bosser cinquante heures de plus par semaine et gagner 300 euros par mois. »
Anaïs, cultive des plantes aromatiques et médicinales en Bretagne

« J'étais commerciale dans l'industrie pharmaceutique, dix ans de salaire, des horaires, une stabilité. Mais je n'étais pas épanouie, je bâclais mon boulot, je n'y mettais aucune minutie, aucune passion. »
Karima, en reconversion dans un lycée agricole

« Etre paysan, c’est faire vivre un pays ».
Julien élève des porcs en Ardèche et organise chaque année un festival de théâtre dans son village

« Je me suis fait trimbaler de terrain en terrain sans trouver aucun bail stable. J'ai dû revoir mon projet d'origine : le rêve du petit mas dans la montagne, on l’oublie, on n’a pas les moyens de jouer dans cette cour-là ... »
Jason, ancien ouvrier chez Nestlé, s'est lancé dans l'élevage avicole

« Je ne suis pas exploitant agricole, je suis paysan, je n’exploite pas la terre, je la valorise. »
Nicolas, ancien caméran, travaille maintenant en traction animale

« L'agriculture c'est un mode de vie. Je préfère être dehors que rester le cul sur une chaise derrière un écran 8 heures par jour. »
Romain, informaticien devenu vigneron dans le Beaujolais

« Avant, je travaillais à Action contre la faim en Afrique. Quand j'ai quitté mon boulot pour devenir maraîcher, mes collègues africains ont bien accueilli ma décision. Ils m'ont dit : tu vas faire chez toi , ce que tu nous disais de faire chez nous ! »
Florent fait pousser ses légumes à la périphérie de l’agglomération parisienne

« l’hectare war fait rage, on a cherché des terres pendant cinq ans. On a rien trouvé, ça m'a dégouté. »
Florian a abandonné sa reconversion

« Maintenant tu peux plus t’installer à l’arrache comme dans les années 68. Les terres sont rares, on te contrôle avec les normes, les aides. Il faut s’organiser, entrer en résistance. »
Emeline, chevrière

« Depuis 40 ans que je vis ici, le voisin n’a jamais voulu passer le seuil de la porte pour boire le canon. on m’appelle toujours le parisien. »
Nono

« Ce sont les paysans pauvres qui nourrissent bien les riches, et les paysans riches qui nourrissent mal les pauvres »
Sylvain, cultivateur de fruits rouges en Ardèche

« La première chose que les banques te disent quand tu arrives ton dossier sous le bras : Gardez votre ancien boulot, l’agriculture c’est dans le rouge, on ne finance pas ! ».
Yves, installé dans le Morbihan

« J'étais salariée dans un institut technique agricole. Je me suis retrouvée petit à petit dans un poste administratif. Je ne touchais plus les plantes, je faisais des dossiers. Alors qu'à la base mon truc, c'était les plantes ! »
Sylvie, cultivatrice de plantes aromatiques et médicinales

« Le jour où je suis arrivée au lycée agricole pour m'inscrire à une formation pour adultes, j'étais en talons et tailleur comme pour un entretien d’embauche. Le responsable m'a dit, ' Madame, vous savez que la terre est basse ? »
Franka, traductrice, en formation maraîchage

« J'ai gagné un concours organisé par mon esthéticienne. Le lot : un séjour d'une semaine dans un gîte en Normandie. J'ai rencontré un voisin éleveur. J'ai décidé de devenir bergère. »
Stéphanie, ex-assistante réalisatrice de cinéma à Paris

« Mais où est-ce que l’on va ? Électroniser nos chèvres, ne plus les faire sortir, les écorner, leur donner de l’ensilage ? Quel intérêt ? On n’a pas choisi ce métier pour devenir des techniciens ! Avec une gestion électronique, on perd la communication qui existe avec les animaux, on perd le plaisir de travailler avec le vivant. »
Valère est devenu éleveur de chèvres, en lutte contre le puçage électronique des troupeaux

« A Marseille, on était toujours dans la dépense, alors tu flambes, tu consommes et progressivement tu te perds... Quand j’ai eu des enfants, j’ai vraiment eu envie de leur montrer autre chose ».
Frédéric est désormais apiculteur

Les auteurs

Gaspard d'Allens
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Lucile Leclair
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