Chusclan (Gard) - Marcoule

19 octobre 2018 / par Emilie Massemin (Reporterre)

Usine d’extraction du plutonium de Marcoule (en démantèlement) ;
Réacteurs UNGG en démantèlement ;
Premier réacteur UNGG G1 en démantèlement, atelier pilote de Marcoule (APM) à l’arrêt, installation ISAI ;
Usine Melox

L’usine d’extraction du plutonium de Marcoule (abrégée UP1 pour usine de plutonium n° 1) du site nucléaire de Marcoule, gérée par le CEA puis par Areva NC, était spécialisée dans le retraitement du combustible nucléaire. Elle est arrêtée depuis 1997 et actuellement en cours de démantèlement. L’usine réalisait le retraitement de combustibles fissibles usagés pour en extraire du plutonium. Les déchets qui y sont conditionnés regroupent d’une part les déchets directement issus des combustibles usés qui y ont été traités (produits de fission, structures des assemblages de combustibles) et d’autre part les déchets liés à l’exploitation de l’usine, ainsi qu’aujourd’hui les déchets liés aux opérations de mise à l’arrêt et de démantèlement de l’usine.

Inventaire radioactif

Atelier 1 – Support : 73,6 mètres cubes de déchets technologiques de très faible activité (métalliques, non métalliques, inertes, etc.) ; 107 fûts de plomb (copeaux et scories) ; 19 fûts de 118 litres de déchets technologique de faible à moyenne activité (plastiques, métalliques, inertes, etc.) ; etc.

Atelier 2 – Production : déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (9,1 mètres cubes de culots de fusion, etc.) ; déchets ISOTOPCHIM ; déchets issus de la CDE (16 mètres cubes de pompes, pièges, fours ; 4,9 tonnes de conteneurs type modifié et 4,9 tonnes de conteneurs spécifiques ; etc.).

Atelier 3 – Production : déchets provenant de la vitrification des produits de fission (3.159 conteneurs métalliques de déchets vitrifiés, 167 conteneurs métalliques de déchets technologiques de vitrification, 147 conteneurs métalliques de déchets vitrifiés [verre de rinçage]) ; déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (8,86 mètres cubes, 3 fûts métalliques de 223 litres et 3 fûts métalliques de 118 litres de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], etc.).

Atelier 4 – Support : déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (85 caissons béton-fibre et 32 caissons métalliques de 5 mètres cubes de déchets technologiques cimentés, 98 fûts métalliques de 223 litres de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], etc.) ; déchets d’exploitation du bâtiment 114 (9 boîtes intermédiaires de déchets de très faible activité, etc.) ; déchets de structure de la fosse DIAM (106 poubelles Phénix de PHE et 99 poubelles Célestin de CEL).

Réacteurs C1 et C2 : déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (22,16 mètres cubes de déchets amiantés, 6,5 mètres cubes de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], etc.) ; déchets de structure (4 poubelles résines de déchets tritiés, etc.).

Atelier 5 – Production : déchets de procédé (1.765 mètres cubes de boues dans les fosses J, H et G, 2,364 mètres cubes de boues dans les piscines G2 et G3, etc.) ; déchets de structure du combustible (5.382 mètres cubes de déchets magnésiens et 262,8 mètres cubes de déchets de structures métalliques entreposés dans des fosses), déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (77 casiers et paniers ; 44,62 mètres cubes, 8 boîtes intermédiaires, 29 fûts de 118 litres et 3 fûts de 223 litres de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], etc.).

Installation 1 – Support : déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (3,719 mètres cubes de déchets alpha à mettre au gabarit [boîte à gants, conteneurs, etc.], 2,232 mètres cubes de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], etc.) ; 393 fûts de 100 litres et de 118 litres de déchets alpha.

Unité 8 – Support : déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (124 fûts métalliques de 118 litres, 4 fûts de 123 litres et une poubelle Podec de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], etc.).

Atelier 6 – Production : déchets de procédé (1.457 mètres cubes de zéolithes et diatomées dans la zone sud, 1.287 mètres cubes de déchets dans la fosse pré-décanteur, 263 mètres cubes de boues dans le MA est, etc.) ; entreposage NIE (58 fûts de 380 litres de boues et de déchets insolubles, 42 fûts de 380 litres de résines) ; déchets de structure du combustible (1.534 mètres cubes de déchets de graphite entreposé en fosses, 754 mètres cubes de déchets magnésiens entreposés en fosses, etc.) ; déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (1,76 mètre cube de solvants et d’huiles contaminées).

Installation 3 – Support : déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (196,6 mètres cubes de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], etc.) ; déchets issus du traitement des effluents (23.247 fûts de 220 litres d’enrobé bitumineux en casemates, 8.686 fûts de 380 litres d’enrobé bitumineux dans le nouvel entreposage, 22.696 fûts de 220 et de 225 litres d’enrobé bitumineux en casemates du Stel d’avant 1995, etc.) ; déchets historiques (1.116 mètres cubes de déchets issus du bassin bétonné de l’ancien pilote de dégainage).

Atelier 7 – Production : déchets d’exploitation et de maintenance des ateliers (22 boîtes intermédiaires, 78 fûts de 118 litres et 25 fûts de 223 litres de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], etc.) ; déchets alpha (445 fûts de 110 et de 118 litres, 77 fûts de 100 et 118 litres, etc.) ; déchets de procédé (2,05 mètres cubes de boues et dépôts insolubles fins de haute activité, 1,898 mètre cube de boues et dépôts insolubles de la dissolution continue) ; déchets particuliers (99 mètres cubes de déchets amiantés, 19 mètres cubes de neutrophage en brai, etc.).

Installation 4 – Support : déchets de procédé dans le nouveau bâtiment d’entreposage (20 coques de résines CDS, 54 mètres cubes de déchets d’aluminium, etc.) ; déchets technologiques dans le nouveau bâtiment d’entreposage (21 boîtes intermédiaires et caissons de coques [hors aluminium, alumines et résines], etc.) ; déchets d’exploitation dans le nouveau bâtiment d’entreposage (115 mètres cubes de caissons de 5 mètres cubes et BI rebutés, 8 caissons béton-fibre de 5 mètres cubes, 2 caissons métalliques de 5 mètres cubes et 3 fûts de 223 litres de déchets technologiques de faible à moyenne activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], déchets alpha dans le nouveau bâtiment d’entreposage (1.314 fûts bétonnés de 223 litres et Corten de culots de fusion anciens, 151 culots de fusion non immobilisés en caisson de béton-fibre, etc.) ; déchets activés de Phénix dans le bloc de désactivation horizontal (33 éléments de la barre de commande, 98 éléments divers) ; déchets activés des puits de désactivation (26 mètres cubes de coques et embouts de Phénix et de déchets associés), déchets technologiques métalliques des puits de désactivation (7,98 mètres cubes de déchets technologiques de moyenne activité) ; déchets alpha des fosses de haute activité (10,1 mètres cubes de déchets alpha en conteneurs) ; déchets technologiques métalliques des fosses de haute activité (17 conteneurs de haute activité contenant des déchets hors tritiés et alpha, 33 conteneurs de haute activité contenant de déchets de moyenne activité hors tritiés et alpha) ; déchets de structure des fosses Phénix 1 et 2 (714 poubelles Phénix de PHE, 240 poubelles Célestin de CEL, etc.) ; déchets technologiques métalliques en fosses Stel (105,471 mètres cubes de déchets de moyenne activité à vie longue en capacité métallique ou coque béton [hors tritiés et alpha], 93,972 mètres cubes de déchets en capacité métallique ou en coque béton, etc.) ; déchets en vrac de très faible activité (21,618 mètres cubes de déchets en vrac métalliques, 18 mètres cubes de déchets en vrac et de sable dans la fosse 170) ; déchets inertes en tranchées (50.000 mètres cubes de terre et de gravats) ; déchets tritiés dans les fosses de haute activité (273 creusets et culots de fusion Physiméca, 16 pots de résines tritiés) ; déchets issus du traitement des effluents dans le nouveau bâtiment d’entreposage (5 coques M4 de fûts de bitume) ; déchets issus du traitement des effluents dans les fosses Stel (4 fûts de bitume de 220 litres hors gabarit dans la fosse 149, bitume en fosse 170) ; 319 mètres cubes de déchets métalliques de très faible activité (rebuts de caissons, entretoises, etc.) dans les aires extérieures de l’installation 4 ; déchets d’exploitation courante (3 boîtes intermédiaires de déchets technologiques de faible à moyenne activité à vie longue [plastiques, métalliques, inertes], etc.).

Installation 5 – Support : déchets de très faible activité entreposés en attente d’expédition (306 mètres cubes de déchets non inertes et non métalliques, 46,2 mètres cubes de déchets métalliques, etc.).

Atelier 8 – Support : déchets d’exploitation et de maintenance (6 mètres cubes de déchets technologiques de très faible activité [métalliques, non métalliques, inertes, etc.], 23 fûts métalliques de 118 litres de linge contaminé et de vinyle, etc.).

Atelier 9 – Support : déchets d’exploitation et de maintenance (0,2 mètre cube de déchets issus des analyses LMAT, 1,3 mètre cube de liquides scintillants).

Atelier 10 – Support : déchets d’exploitation et de maintenance (8,75 mètres cubes de déchets sur aires, 4 boîtes intermédiaires de déchets technologiques de faible à moyenne activité à vie courte [plastiques, métalliques, inertes, etc.], etc.).

Installation 6 – Support : déchets d’exploitation et de maintenance (4 fûts de 118 litres de déchets technologiques de faible à moyenne activité à vie courte [plastiques, métalliques, inertes, etc.], 0,05 mètre cube de liquides incinérables).

Déposante interne de Marcoule : zone de dépôt d’environ 126.000 mètres cubes dans la zone du Visiatome. Les investigations menées n’indiquent pas de marquage radiologique mais cette zone est classée comme la zone Zedi.

  • Sources : Inventaire national des matières et déchets radioactifs de l’Andra, p. 449 ; Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs 2016-2018

Réacteurs UNGG en démantèlement

  • Date de mise en service : 1958 ; date d’arrêt : 1995
  • Exploitant : CEA civil

Deux réacteurs de la filière uranium naturel graphite gaz (UNGG) mis en service respectivement en 1958 et 1959 pour produire le plutonium nécessaire à la force de dissuasion française, et arrêtés en 1980 et 1984 respectivement et en cours de démantèlement. Un four de fusion de déchets métalliques de faible activité, mis à l’arrêt fin 1995.

Inventaire radioactif : déchets provenant du cœur des réacteurs anciens (7 colis d’éléments de barres de contrôle entreposés sous protection de plomb) ; déchets provenant de l’exploitation du four de fusion (1.379 fûts de 100 litres de crasses de fusion, 295 conteneurs de fonte et de couvercles, 4,979 mètres cubes de blocs de fonte en vrac) ; déchets d’exploitation et de démantèlement (64,29 mètres cubes de déchets métalliques ferreux, 58,6 mètres cubes de déchets inertes, 27,25 mètres cubes de déchets non métalliques divers) ; 0,44 mètre cube d’huiles et liquides organiques.

  • Source : Inventaire national des matières et déchets radioactifs de l’Andra, p. 465

Premier réacteur UNGG G1 en démantèlement, atelier pilote de Marcoule (APM) à l’arrêt, installation ISAI

  • Exploitant : CEA civil

G1 est le premier réacteur nucléaire français de la filière uranium naturel graphite gaz (UNGG), ayant fonctionné de 1956 à 1968. En cours de démantèlement.

L’Atelier pilote de Marcoule (APM), mis en service en 1962, a été exploité par le CEA de Valrho pour l’étude et la mise au point des procédés de traitement des assemblages combustibles irradiés et de solidification/vitrification de solutions de produits de fission. L’installation a été arrêtée en 1997 ; elle est actuellement en cours de cessation définitive d’exploitation et de mise à l’arrêt définitif. Les déchets entreposés sont essentiellement des blocs de verres de petite taille, résultant des études et expérimentations, ainsi que des déchets technologiques divers.

L’installation ISAIa été conçue initialement pour l’examen non destructif des assemblages combustibles du coeur du réacteur Superphénix et des réacteurs de la filière à neutrons rapides (RNR). Actuellement, deux types de missions sont confiées à l’installation : la mise en conteneur de divers types de combustibles sans emploi du CEA et le traitement des assemblages de commande provenant des réacteurs Superphénix et Phénix (démantèlement partiel pour destruction du sodium) pour entreposage.

Inventaire radioactif :

Déchets du premier réacteur R1 : déchets solides de très faible activité (42,41 mètres cubes de déchets non métalliques, 11,43 mètres cubes de déchets métalliques, etc.), déchets liquides (2,2 mètres cubes de solvants organiques), autres déchets et déchets dont la filière de gestion reste à définir (18 mètres cubes de déchets amianté, etc.).

Atelier 11 – Production et entreposage : 177 conteneurs de 57 litres de colis de verres issus de l’atelier pilote, 24 conteneurs de 80 litres de déchets technologiques et déchets divers ’pots de vitrification, pastilles de verre, etc.), etc.

Atelier 11 – Production P1 : 33 conteneurs de 220 litres de déchets de gainage, chambres
d’expansion et déchets technologiques (coques et embouts) ; déchets en cellules (déchets technologiques de la chaîne Top prévus en 380 litres, déchets technologiques de la chaîne Top prévus en conteneur Diadem) ; locaux d’entreposage (51 fûts métalliques de 118 litres de déchets technologiques irradiants et faiblement irradiants, 49 fûts métalliques de 118 litres de déchets technologiques, etc.) ; 11,1 mètres cubes d’effluents liquides Stel (haute activité/moyenne activité) ; aire extérieures (4 mètres cubes de déchets non métalliques de très faible activité).

Atelier 11 – Production P1 : déchets de fusion – vitrification : 30 boîtes de 2 litres de morceaux de verres de laboratoire dans la cellule V ; 28 boîtes de 2 litres de morceaux de verres de laboratoire dans la cellule C.

  • Source : Inventaire national des matières et déchets radioactifs de l’Andra, p. 465

Usine Melox

  • Date de mise en service : 1994
  • Exploitant : Orano

Mise en service en 1994, l’usine Melox fabrique des combustibles mixtes d’oxydes d’uranium et de plutonium (combustibles Mox) destinés aux réacteurs français et étrangers. En parallèle, sur le site de Marcoule se trouve le Centre de développement appliqué (CDA) où des essais en oxyde d’uranium naturel ou appauvri sont réalisés en lien avec le procédé de fabrication des combustible Mocx.

Inventaire radioactif : déchets de faible activité en attente de conditionnement (1.040 fûts de 118 litres de déchets technologiques, huiles actives) ; déchets en attente de traitement, de valorisation (recyclage du plutonium) et de conditionnement (1.721 fûts de 118 litres de déchets technologiques), déchets de très faible activité (3 big-bags de déchets compactables, 2 conteneurs tôlés de déchets non compactables), etc.

-* Source : Inventaire national des matières et déchets radioactifs de l’Andra, p. 468




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