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En Roumanie, des étrangers achètent la terre en masse

En Roumanie comme dans toute l’Europe de l’Est, les terres agricoles attirent la convoitise des investisseurs étrangers. Selon l’association roumaine EcoRuralis, plus de 700 000 hectares, seraient déjà aux mains de compagnies du Qatar, d’Arabie Saoudite ou de Grande-Bretagne.


La ruée sur les terres agricoles ne connaît pas de répit dans les pays de l’ancien bloc de l’Est. En Roumanie, cinquième pays de l’UE en matière de surfaces agricoles, au moins 700.000 hectares (6,5 % des terres arables) seraient aux mains d’investisseurs étrangers, selon les chiffres obtenus par l’AFP auprès de l’association roumaine EcoRuralis.

Le plus souvent, il ne s’agit pas « d’achat » de terres mais plutôt de location longue durée : « les contrats sont flous, les paysans en comprennent souvent mal les termes. On leur promet des achats de matériels, ils cèdent leurs terres pour dix ou vingt ans à 100 euros l’hectare. On a même vu des contrats à 600 kilos de grains/ha. Mais rien qu’en subvention de la PAC [politique agricole commune], l’investisseur va encaisser 130 euros/ha », explique Attila Szocs, ingénieur agronome responsable de l’association roumaine EcoRuralis.

« Dans le sud du pays, ce sont surtout des investisseurs venus de pays arabes, du Qatar, d’Arabie saoudite, et aussi un fonds d’investissement libanais qui s’approprient les terres », souligne Stéphanie Roth, coordinatrice de la campagne Good Food Good Farming d’Ecoruralis. Le blé et le maïs qui y sont produits partent directement à l’export, insiste-t-elle. Ainsi qu’un immense élevage d’environ 20.000 moutons, eux aussi expédiés vers des pays du Golfe.

Les investisseurs britanniques ne sont pas en reste, comme l’a montré le mariage au début du mois mars de Mintridge International, société d’investissement tournée vers la Pologne et la Roumanie, avec le fonds privé Velcourt (l’un des plus riches propriétaires agricoles au Royaume-Uni), qui dit attendre de cette union de solides bénéfices, estimant notamment que l’hectare pourrait voir son prix tripler.

Car, parfois, les investisseurs achètent vraiment la terre (environ 2 500 euros l’hectare en Roumanie, soit deux fois moins qu’en France). Ils la louent ensuite, en attendant de la revendre. En Pologne, le groupe d’investissement Kinnevik a ainsi annoncé la vente des 6 700 hectares qu’il exploitait depuis treize ans.

Le fonds estime pouvoir tirer profit d’une « amélioration substantielle de la valeur du bien » selon les termes de son directeur, David Cousins. Au cours des trois dernières années, le prix de la terre en Pologne a augmenté de 25 %, selon le consultant Brown & co.


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