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Le gouvernement hongrois voudrait relancer le nucléaire

Construire deux nouveaux réacteurs et ré-ouvrir la mine d’uranium à Pecs ? C’est le projet du gouvernement. Mais la corruption semble y avoir plus de part que l’intérêt du pays.


Malgré la catastrophe de Fukushima, malgré l’opposition de la majorité de la population déjà traumatisée par une catastrophe industrielle il y a deux ans (la boue rouge issue de la production d’alumine de l’usine Mal qui avait tué dix personnes à Kolontar et Devecser), le gouvernement hongrois a décidé d’agrandir la centrale nucléaire de Paks
qui produit 40% de l’électricité du pays.

Le projet gouvernemental - qui sera présenté l’an prochain - prévoit la construction de deux nouveaux réacteurs, mais aussi de prolonger la durée de vie des quatre en fonctionnement depuis les années 80 (dont l’un serait en très mauvais état).

Avec l’envolée des prix de l’uranium depuis le début des années 2000 et malgré la baisse récente du cours, la mine d’uranium de Pécs (dans le sud du pays) qui n’était plus rentable lorsqu’elle a fermé en 1997 après quatre décennies d’exploitation, redevient tout à coup une aubaine. Plus question d’exporter le minerai vers l’Union soviétique comme autrefois, il servira à alimenter la centrale hongroise. La compagnie australienne Wildhorse qui entreprend des travaux d’exploration depuis déjà six ans devrait obtenir son permis d’extraction dès l’an prochain.

« Ce n’est pas un bon business pour le pays car l’uranium est en faible quantité et difficile à exploiter », observe pourtant Miklós Hargitai, journaliste spécialiste des questions environnementales et scientifiques. La seule explication de cette relance, selon lui, est la corruption qui imprègne déjà toute la filière du nucléaire en Hongrie. Il en est persuadé, l’intérêt direct de quelques personnes est en train de l’emporter sur l’intérêt national.

Pécs rattrapée par son passé

Capitale européenne de la culture il y a seulement deux ans, Pécs risque bien de retomber dans le passé minier qu’elle essayait d’enterrer avec son héritage : des taux de chômage et de cancer supérieurs au reste du pays. Les associations écologistes craignent – entre autre - que les sous-sols de la région qui regorgent de nappes phréatiques ne soient contaminés par les opérations d’extraction.

Péter Pétak, l’homme qui mène la fronde à Pécs, estime que la réouverture de la mine serait très préjudiciable d’un point de vue social et économique car, sans résoudre le problème de l’emploi, elle détruirait l’image de la ville. Partagée entre la peur pour sa santé et l’espoir de retombées économiques à court terme, la population locale sera difficile à mobiliser. Mais après tout, ces irréductibles ont bien réussi à déjouer quelques années plus tôt les plans de l’OTAN qui projetait d’installer un radar sur les hauteurs de leur ville…


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