Un cadeau de Noël

Durée de lecture : 2 minutes

21 décembre 2011 / Hervé Kempf




J’ai le plaisir d’apporter un beau cadeau de Noël à la France : 24 milliards d’euros par an. Oui, 24 milliards d’euros par an. Ne me remerciez pas, c’est une joie, vraiment. Cela me fait tant de peine de vous voir vous débattre dans la dette, le déficit, les intérêts… sans jamais oser vous attaquer aux vrais problèmes : d’un côté, le pouvoir de la banque – mais ce n’est pas ici le lieu de vous indiquer la solution –, de l’autre, le gâchis matériel et énergétique. Là, on peut faire quelque chose d’assez simple, donc on le fait.

Vous ne croyez pas au Père Noël ? Retrouvez votre âme d’enfant. Et posons un petit problème de CM2. Combien la France dépense-t-elle chaque année en électricité, gaz, pétrole, charbon, bois ? Environ 120 milliards d’euros. Quelle proportion de sa consommation d’énergie vise-t-elle, avec l’Europe, à réduire en 2020 ? Un cinquième, ou 20 %. Combien représente un cinquième de 120 milliards ? 24 milliards. Bravo.

Quand on aime, on ne compte pas, mais je voulais surmonter votre scepticisme. Vous vous demandez maintenant : « Mais comment est-ce possible ? » En appliquant les mesures que la ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a détaillées dans l’indifférence générale, vendredi 16 décembre. Elle a présenté le travail de la « table ronde nationale sur l’efficacité énergétique », dont les vingt-sept prescriptions vont de l’aide aux PME pour réaliser des travaux d’efficacité énergétique à l’extension des certificats d’économie d’énergie, de l’extinction des enseignes lumineuses commerciales pendant la nuit à la stimulation de la rénovation thermique des bâtiments, etc.

Certes, rien n’est envisagé contre les écrans publicitaires énergivores qui ont envahi le métro et gagnent l’espace public. Surtout, le secteur des transports n’est pas abordé, alors qu’il représente plus de 30 % de la consommation d’énergie. Mais la direction est donnée : pour la première fois, le gouvernement acte un objectif de réduction globale, alors que les scénarios usuels tablent toujours sur une augmentation inéluctable de la consommation d’énergie.

On aimerait qu’Eva Joly, Corinne Morel-Darleux, secrétaire à l’écologie du Parti de gauche, Marie-Hèlène Aubert, conseillère de François Hollande à l’environnement, analysent, louent – sait-on jamais ? –, critiquent cette série de mesures. Que l’on puisse soulager le budget de la France de 24 milliards d’euros mériterait que la politique s’y intéresse. En tout cas… joyeux Noël !






Source : Cet article est paru dans Le Monde daté du 21 décembre 2011.

Lire aussi : L’Europe ne fait pas assez d’économies d’énergie

14 avril 2020
La solidarité, vaccin et remède contre la pandémie
Tribune
30 mai 2020
La transition c’est trop tard, il faut une politique d’urgence climatique
Tribune
30 mai 2020
En Russie, la pandémie a plongé les travailleurs migrants dans la mouise
Info




Du même auteur       Hervé Kempf