Dominique Voynet se défend d’avoir soutenu Notre Dame des Landes

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20 décembre 2012 / Dominique Voynet




Voici le texte que l’ex-ministre Dominique Voynet a envoyé à plusieurs médias, suite aux attaques de Mrs Auxiette et Massiot, dans Le Télégramme du 29 novembre

Messieurs Massiot et Auxiette, Présidents des Régions Bretagne et Pays-de-Loire, se font fort d’exhumer par voie de presse, en les sortant de leur contexte, des extraits de discours datant de l’époque où j’étais ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, dans le gouvernement de Lionel Jospin.

Leur objectif : laisser croire que je porte la responsabilité des décisions qui furent prises alors et tenter ainsi de disqualifier ceux qui, quinze ans après, continuent d’alerter sur l’inutilité de ce projet.

Les deux seuls écologistes, membres d’un gouvernement qui majoritairement ne l’était pas - Guy Hascoët, secrétaire d’Etat à l’Economie Sociale et Solidaire et moi-même - n’ont à aucun moment porté le projet de Notre-Dame-des-Landes.

Je me suis battue alors pour convaincre ministres et grands élus de transformer radicalement leur approche en matière de politique des transports.

Certains souhaitaient à l’époque qu’aucune partie du territoire ne se situe à plus de 50 km d’une autoroute en 2015, ou la construction d’un troisième aéroport en Ile-de-France...

Si le principe des deux schémas intermodaux, l’un pour les personnes, l’autre pour les marchandises, a bien été inscrit dans la loi de 2000, ceux-ci n’ont pas été élaborés par le ministère de l’Environnement mais bien par le ministère des Transports, dont on connaît l’attachement historique aux « grands projets d’infrastructures ».

Le ministre des Transports de l’époque s’appelait Jean-Claude Gayssot. On me pardonnera de rappeler qu’une partie éminente de son entourage d’alors continue de peser, à des postes-clés*, en faveur de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Depuis, le monde a bien changé. Les mesures de régulation du trafic aérien ont été radicalement améliorées, au point qu’un trafic bien supérieur à celui de Nantes peut être traité en toute sécurité, sur une seule piste, à Genève ou à Glasgow.

Or une troisième piste a été ouverte à Roissy. L’emport moyen des avions a augmenté, leurs moteurs sont moins bruyants. Et surtout, nous avons désormais compris que le vieux monde, gaspilleur et vorace, sera bientôt derrière nous.

Il devient urgent de gérer de façon plus économe et plus sobre, notre argent, notre énergie et nos terres nourricières.

A l’instar de certains élu-e-s au sein même de leurs rangs qui ont bien compris ces enjeux, Pierrick Massiot et Jacques Auxiette peuvent encore changer d’avis !

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* Messieurs Ricono et Notebaert, alors membres du cabinet du Ministre des Transports et de l’Equipement Jean-Claude Gayssot sont aujourd’hui respectivement directeur général des services du Conseil Régional de Bretagne et responsable développement et exploitation des aéroports français du groupe Vinci Airports.



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Source : Courriel à Reporterre

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