La lutte contre la publicité en procès

Durée de lecture : 3 minutes

21 février 2013 / Les Déboulonneurs



Six déboulonneurs seront jugés lundi 25 février. Ils avaient barbouillé des panneaux publicitaires et refusé le prélèvement ADN. Ils dénoncent l’invasion de l’espace public par la publicité.


Lundi 25 Février

13H30, 12e Chambre correctionnelle, tribunal de grande instance de Paris.

Ce sera le 8e procès du Collectif des déboulonneurs à Paris, le
19e au niveau national.

Le Collectif des déboulonneurs lutte contre le système publicitaire
actuel et alerte sur les conséquences de la surpublicité dans
l’espace public, par des actions non-violentes et de désobéissance
civile.

Il demande une réduction de la taille des affiches, à
50 x 70 cm, et du nombre de panneaux afin que soit respectée la
liberté de ne pas recevoir des messages publicitaires sans
consentement. Les messages publicitaires sont imposés aux usagers de
l’espace public, et ce, de manière toujours plus agressive et
intrusive.

Aussi, le collectif demande un réel débat public sur ce sujet de
société. Des personnalités ont déjà dénoncé la nocivité de la
publicité sur les plans sanitaire, démocratique et écologique :
promotion de comportements à risque, anorexie, obésité, cancers
alimentaires, surcharge cognitive, frustration, dépression, pression
des publicitaires dans les instances démocratiques, surconsommation,
surproduction, pollution, surexploitation...

Inscription de messages sur des publicités

Le procès fait suite à l’action de désobéissance civile
non-violente du 28 février 2009, boulevard Rochechouart, à Paris (1).
Les six militants avaient barbouillé des panneaux publicitaires avec des
messages tels que « vitrine du mensonge » ou « violence économique ».

Les déboulonneurs attendent de la 12e chambre qu’elle les relaxe pour
confirmer la légitimé de leur acte de résistance au danger
publicitaire. Une jurisprudence pourrait commencer à prendre forme à
partir du procès du 25 février.

Les déboulonneurs invoqueront l’état de nécessité, qui efface
l’infraction, puisque, face à cette confiscation générale de l’espace
d’expression, le citoyen n’a plus d’autre solution, pour faire entendre
une pensée différente, que de le faire « par-dessus » l’espace
accaparé.

Refus de test ADN

Les militants avaient été placés en garde à vue à 20 heures, et un
prélèvement d’empreinte ADN leur avait été demandé, ce qu’ils
avaient tous refusé. Par ce refus, ils dénoncent le fait que ce qui
devait être un instrument de preuve à l’encontre de criminels
particulièrement dangereux est devenu un outil de fichage de l’ensemble
des citoyens, et des militants en particulier.

Ce fichage pose de sérieux problèmes démocratiques car, comme le
montrent les travaux de Catherine Bourgain, témoin au procès, la
réalisation du test ADN oblige à recueillir des informations,
notamment ethniques, dont la loi interdit la recherche.

.........................

Les événements du lundi 25 février 2013 :

Témoins :

Catherine Bourgain (généticienne), Claude Got (Professeur de santé publique), Mehdi Khamassi (chercheur en neuroscience).

Avocat :

Maître William Bourdon (avocat des droits de l’homme)

Réunion publique avec les Déboulonneurs et leurs témoins (sous réserve) : à 20 H : rendez-vous apéritif et convivial à 19 H 30,
début de la réunion à 20 h, mairie du 2e arr., 8 rue de la Banque,
M° Bourse.

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Notes

(1) Compte-rendu de l’action et de la garde à vue du 28 février 2009 ici.

(2) Ce procès a été reporté pour cause de Question prioritaire de
constitutionnalité : lien.






Source et photo : courriel des Déboulonneurs à Reporterre

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