Le chantier de l’EPR de Flamanville est de nouveau à l’arrêt

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2 mars 2012 / AFP




EDF a interrompu le bétonnage du bâtiment réacteur sur le chantier de l’EPR de Flamanville, dans la Manche. En cause : des défauts dont l’ampleur et la gravité sont en cours d’examen, a-t-on appris jeudi 1 mars auprès du groupe et du gendarme du nucléaire.

L’électricien a détecté « des défauts » sur les « consoles » ou supports métalliques internes à l’enceinte et destinés à soutenir le futur pont de manutention du réacteur, poursuit le géant français de l’énergie dans le communiqué publié sur son site. Des premiers défauts ont d’abord été détectés sur « deux ou trois » boîtes sur leur lieu de fabrication, selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui n’a pu préciser le nom du fabricant. Puis des contrôles complémentaires d’EDF à Flamanville ont montré qu’un plus grand nombre des 46 « consoles » étaient concernées, selon l’ASN.

Le coût de ce réacteur lancé pour être une vitrine à l’exportation a quasi doublé, à 6 milliards euros contre 3,3 milliards en 2005. Il a été en 2011 au cœur de désaccords entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts, ces derniers exigeant une suspension du chantier que François Hollande n’estime pas opportune.

PLUSIEURS PRÉCÉDENTS

EDF a suspendu le bétonnage de sa propre initiative, a précisé le gendarme du nucléaire, qui a déjà demandé à deux reprises sa suspension depuis le début du chantier en 2007. EDF a annoncé deux fois un report de la mise en service de l’EPR à Flamanville qui a pris un retard de quatre années.

Les défauts révélés jeudi ont des précédents. Au mois d’août 2011 déjà, Le Canard enchaîné avait révélé l’existence de malfaçons qui pouvaient « porter préjudice à la qualité finale des structures » du réacteur nucléaire. Une semaine auparavant, l’ASN avait indiqué avoir constaté des « écarts » et des « faiblesses » lors d’une inspection du site et demandé à EDF de « faire des efforts importants pour démontrer la qualité de la construction ». En 2008 encore, des « fissures dans le ’radier’ » avaient été découvertes, rappelait le Canard.

« Les activités du chantier se poursuivent. Le calendrier prévoit la production des premiers kilowattheures en 2016. Seul le bétonnage de l’avant-dernier niveau de l’enceinte interne du bâtiment réacteur a été reporté en attendant le résultat de ces contrôles », écrit EDF dans son communiqué jeudi.

Jusqu’alors le groupe indiquait qu’il « commercialisera[it] les premiers kilowattheures produits par l’EPR de Flamanville en 2016 ». « Ce n’est pas de nature à remettre en cause le planning du chantier », a assuré le directeur du chantier.






Source : AFP et lemonde.fr

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