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Le nucléaire, une névrose française


Patrick Piro, Le nucléaire, une névrose française (Les Petits Matins, 2012).

En France, le nucléaire est une addiction. Avec ses 58 réacteurs, le pays en est dépendant à plus de 75 % pour son électricité. Record du monde. Depuis quatre décennies, aucune remise en cause n’a été possible : partis, industriels et économistes ont noué une alliance sacrée. À les entendre, le nucléaire, c’est du patrimoine national, comme le vin, le parfum ou le TGV.

La catastrophe de Fukushima a tout changé. L’impensable accident majeur, décrété « impossible » depuis Tchernobyl, est arrivé le 11 mars 2011 au Japon, le pays de la haute technologie. Un ébranlement qui sonne peut-être le glas du nucléaire dans le monde. L’Allemagne, la Suisse, la Belgique, l’Italie ont décidé d’en sortir. En France, la question taboue de l’avenir de l’atome – jusqu’à l’hypothèse de son abandon – est passée au premier plan. Le Parti socialiste est décidé à réduire sa part significativement, et des scénarios « zéro nucléaire » sont sur la table.

Sûreté, coûts, déchets radioactifs, démantèlement des centrales, devenir de la filière, emplois : enfin les dossiers chauds sortent du placard ! Enfin les citoyens vont pouvoir demander des comptes. Enfin la France est entrée, à son tour, dans l’ère postnucléaire.


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