Notre Dame des Landes : les précipitations actuelles remettent en cause le projet d’aéroport

Durée de lecture : 2 minutes

10 février 2014 / Camille Martin (Reporterre)

Les inondations résultent de l’accroissement des précipitations conjugué à l’imperméabilisation des sols. Le changement climatique devrait augmenter les précipitations violentes, comme celles que subit l’ouest de la France. Prévenir les inondations à l’avenir implique donc de réduire l’artificialisation des terres.


Pluie, marées, tempêtes, crues : voilà ce qui constitue le quotidien de plusieurs départements bretons et d’autres en France depuis quelques semaines.

- Les environs de Malestroit -

Et qui induit une vigilance particulière, comme l’indique la [carte de Météo France consulté ce matin 10 février :

Regardons plus attentivement les départements désignés, en rouge, comme ceux pour lesquels, selon Météo France, une « vigilance absolue s’impose », parce que « des phénomènes dangereux d’intensité exceptionnelle sont prévus » :

Il s’agit des départements d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, et de Loire-Atlantique.

Ah, la Loire-Atlantique.

Un département où se situe le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Précisément situé, ce projet et les 1650 hectares qu’il veut artificialiser, sur deux têtes de bassin versant : c’est un plateau d’où s’écoule un chevelu de petits rus et ruisseaux qui, au nord se jettent dans l’Isac (en partie canalisé), affluent de la Vilaine (bassin de la Vilaine), et au sud, le Gesvres et l’Hocmard, qui rejoignent l’Erdre (bassin de l’Erdre), puis la Loire.

Un bassin versant est une aire délimitée par des lignes de partage des eaux, à l’intérieur de laquelle toutes les eaux tombées alimentent un même exutoire : cours d’eau, lac, mer, océan, etc. (dixit Wikipedia).

Une raison majeure des crues et inondations vient des fortes pluies qui tombent sur les bassins versants, d’où le ruissellement vient augmenter les débits des cours d’eau qu’ils alimentent. Que se passe-t-il quand les bassins versants sont artificialisés par des constructions et revêtements de bitume ou de goudron ? Les terres des bassins versants absorbent moins d’eau et celle-ci ruisselle en plus grande quantité vers l’aval, où elle augmente les risques d’inondation. Autrement dit, les sols sont « imperméabilisés » et cela accroit le ruissellement, comme l’explique ce schéma :

En fait, les climatologues du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) estiment qu’avec le changement climatique, il va se produire de plus en plus d’événements extrêmes tels que les inondations.

Une des mesures principales pour atténuer l’effet de ces précipitations et inondations abondantes et prévisibles consiste à réduire l’imperméabilisation des sols et particulièrement des bassins versants.

Les intempéries actuelles devraient ainsi faire réfléchir sur la pertinence de construire un aéroport sur des bassins versants pour l’instant préservés.


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Source : Reporterre

Illustrations :
. photo de Malestroit : Ouest France
. carte : Météo France, consultée lundi 10 février à 6 h 00.
. imperméabilisation : Bouge la ville Deuille la Barre.

Consulter le dossier Changement climatique.


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