Pour libérer les jeunes de la télévision

22 novembre 2011 / Edupax



Le Québecois Jacques Brodeur organise dans les écoles des « Défis sans écran », pour désintoxiquer les enfants de la télévision. Il sera en France au printemps prochain.


Depuis 25 ans, l’enseignant en éducation physique et fondateur d’Edupax, le Québécois Jacques Brodeur, dénonce la violence utilisée au petit écran pour attirer et attraper des jeunes. Or, avec la multiplication des nouvelles technologies, le phénomène prend de l’ampleur, d’où la création du projet éducatif connu sous le nom de DÉFI 10 JOURS SANS ÉCRANS. L’inventeur du Défi effectuera une 3e tournée en France en février-mars 2012.

Il déplore que des professionnels du marketing et du divertissement utilisent les écrans pour proposer aux enfants des habitudes de vie et des produits malsains en leur offrant des modèles tels que Eminem, Lady Gaga, Britney Spears, Grand Theft Auto, Terminator, Spiderman, Jackass, etc. « Ils veulent attirer les jeunes pour augmenter leurs revenus. L’effet pervers, c’est que les jeunes veulent les imiter. La vie de l’école s’en trouve de plus en plus empoisonnée. Je fais régulièrement des sondages auprès d’élèves de 9 à 15 ans sur les mots les plus populaires pour blesser d’autres élèves : pétasse, salope, etc. Leur utilisation est commune et fréquente », constate M. Brodeur. À cela s’ajoutent les tenues vestimentaires qu’il faut de plus en plus réglementer.

La déconnexion des jeunes de la réalité est un phénomène constaté partout en Amérique et en Europe et le prix s’appelle INCIVILITÉS.
Pour lui, la solution réside dans une prise de conscience du temps (ÉNORME) passé devant l’écran et des contenus qu’on y véhicUle. Et pour ce faire, les enseignants doivent agir avec la complicité des parents. C’est ainsi qu’est née la Dizaine sans écrans. Un défi où enseignants, parents, enfants et ados sont invités à se débrancher pendant quelques jours pour mieux se « rebrancher » sur la vie réelle. Une bonne préparation est toutefois nécessaire pour éviter que les jeunes ne perçoivent l’expérience comme une punition. Les parents ont eux aussi besoin de préparation. Tout est basé sur le renforcement positif, il n’y a aucune pression, assure M. Brodeur.

Jusqu’à maintenant plus d’une centaine d’écoles québécoises ont expérimenté le concept au moins une fois. Certaines le font chaque année, comme l’école Sacré-Cœur, de La Pocatière, où la municipalité collabore en proposant une programmation spéciale dans ses installations de loisirs pour l’occasion. Le concept a franchi l’Atlantique puisque 29 écoles de France ont aussi organisé le Défi en mai-juin dernier 2011.

Jacques Brodeur ne diabolise pas la technologie. On diabolise ce qu’on ne comprend pas. Or, l’influence de la télévision, des films et des jeux vidéo violents est scientifiquement connue et solidement documentée. « Ce que je veux faire réaliser aux enfants et aux parents, c’est que c’est une chose de mettre la technologie à notre service, c’en est une autre que de nous laisser happer par les écrans et de les laisser nuire à notre santé », mentionne-t-il. Son souhait est d’exercer le jugement critique des enfants pour « qu’ils ne demeurent pas des proies de la publicité, qu’ils ne deviennent pas prisonniers des industries embusquées derrière les écrans et, imperceptiblement, des esclaves de la société de consommation. »

La 3e tournée de Jacques Brodeur en France s’étend du 12 février au 25 mars 2012. Il souhaite s’adresser à des enfants, des ados, des parents et des enseignants. Parmi les thèmes de conférence qu’il propose : Nos enfants, maîtres des écrans : pour une consommation médiatique éclairée. Les personnes intéressées à inscrire leur école, village ou quartier au calendrier de tournée peuvent le contacter par courriel : JBrodeur@edupax.org.





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Source : Courriel à Reporterre.

Le site d’Edupax

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