Une énergie sale

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7 juillet 2011 / Hervé Kempf




Un des heureux moments de ma vie professionnelle intervint lorsque j’eus l’honneur d’animer la rubrique Nature du Journal de Mickey. Il s’agissait souvent d’expliquer simplement des choses compliquées. Un exemple de question infantile, donc absolument pertinente, est celle-ci : l’énergie nucléaire est-elle une énergie « propre » ou une énergie « sale » ?

Cher ami lecteur, certaines grandes personnes disent que l’énergie nucléaire est « propre » parce que pour la produire, il n’y a pas besoin d’émettre de gaz carbonique. Or le gaz carbonique est un gaz à effet de serre : il empêche une partie des rayonnements infrarouges émis par la terre de partir vers l’espace. Quand ces rayons sont emprisonnés par le gaz carbonique dans l’atmosphère, celle-ci se réchauffe. Et le réchauffement de l’atmosphère, s’il se continue, aura des conséquences très néfastes sur la vie des humains. Il faut donc limiter les émissions de gaz carbonique.

Cependant, l’énergie nucléaire n’est pas totalement exempte de gaz carbonique. En effet, pour la produire, il faut chercher de l’uranium dans les mines, transformer l’uranium, et construire les réacteurs dans lesquels l’uranium produit l’électricité. Tout cela entraîne des émissions de gaz carbonique - mais beaucoup moins que quand on fait de l’électricité en brûlant du charbon.

Surtout, le gaz carbonique n’est malheureusement pas la seule « saleté » du monde de l’énergie. Quand on produit de l’électricité avec de l’uranium, celui-ci dégage une forte radioactivité. La radioactivité est un phénomène dans lequel les atomes de certaines matières relâchent de petites particules. Si ces particules vont frapper un être vivant, elles peuvent provoquer chez lui des maladies, notamment le cancer. Il faut donc se protéger au maximum de la radioactivité.

Or les centrales nucléaires contiennent une quantité énorme de radioactivité. Parfois, elles explosent, comme en 1986 à Tchernobyl et en 2011 à Fukushima. Cela entraîne une dissémination de la radioactivité, si bien que les alentours deviennent dangereux : sur des milliers de kilomètres carrés, les habitants doivent s’en aller vivre ailleurs.

Il y a aussi énormément de radioactivité dans l’uranium, une fois qu’il a brûlé dans le réacteur. Comme cette radioactivité peut durer jusqu’à des milliers d’années, il faut enfermer très soigneusement l’uranium brûlé (un déchet très dangereux). A vrai dire, on ne sait pas quoi en faire.

Donc tu vois, cher ami lecteur, l’énergie nucléaire est elle aussi « sale ». Si quelqu’un te dit qu’elle est propre, c’est qu’il est ignorant ou malhonnête.






Source : Cet article est paru dans Le Monde daté du 6 juillet 2011.

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