Il est paysan, et il est chanteur : deux métiers, une vie

Durée de lecture : 2 minutes

20 mai 2014 / Benoît Ducasse (Campagnes Solidaires)

Mathieu Hamon est paysan confédéré en Loire-Atlantique. Et chanteur, tout autant engagé dans ce métier de passionné.


Il chantera « Notre Dame des oiseaux de fer », superbe chanson sur le projet dispendieux et inutile d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : « On ne veut pas de tant de tant / On ne veut pas de temps de fer / Pour les avions il n’est plus temps / On ne veut pas de votre enfer ».

A Nantes, Mathieu Hamon est monté en avril sur la scène d’Eurofonik, le festival des musiques d’Europe. Mathieu est chanteur, mais aussi paysan : « Je ne cumule pas deux temps pleins, mais je gère pleinement deux temps partiels ».

Sur la ferme familiale, dans le pays de Redon, Mathieu s’installe en 1997. Sa mère dont il prend la suite élevait des vaches sur trente-cinq hectares, dont elle livrait le lait à la coopérative. Trois personnes y vivent désormais d’un élevage en bio de quarante vaches bretonnes pie-noir, une race locale, dont tout le lait est transformé sur place, les produits étant ensuite vendus à la ferme, à des amaps nantaises et une dizaine de restaurateurs locaux. Sur l’essentiel des cinquante-neuf hectares de l’exploitation sont cultivés les céréales et autres fourrages pour la nourriture des animaux.

Le local, la qualité des œuvres et la relation de proximité avec le public fondent également le travail d’artiste. Mathieu Hamon fait vivre d’abord un répertoire de chansons recueillies entre l’Est du Morbihan et le Nord de la Loire-Atlantique. Un répertoire en Français qui, « transmis oralement permet à chacun de le faire vivre, évoluer, de l’interpréter avec sa propre personnalité ».

Les chansons font danser dans les fest-noz, mais pas que et pas seulement. Son spectacle « Chansons compagnes » se joue a capella et en solo. Aux chants traditionnels se mêlent des compositions de Gaston Couté, de Gabriel Yacoub, de Brassens aussi, et quelques œuvres de Mathieu lui-même.

« Mais je ne chante pas seul tout le temps. Depuis quinze ans, je me produis au sein du Hamon Martin Quintet avec lequel je suis en enregistrement cette fin mars pour un cinquième album. »

« Notre-Dame des oiseaux de fer » était de l’album précédent, paru en 2010. Un long combat, un beau texte écrit par Sylvain Girault, par ailleurs directeur artistique d’Eurofonik.


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Source : Article transmis amicalement par Campagnes Solidaires

Photo : Hamon Martin Quintet

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Du même auteur       Benoît Ducasse (Campagnes Solidaires)