Loin d’Athènes, les îles grecques attendent tout des touristes

Durée de lecture : 2 minutes

15 juillet 2015 / Christine Laurent (Reporterre)



Petite carte postale des îles Sporades, où la crise financière qui bouleverse la Grèce se mesure aux flux variables de tourisme. Et où, au détour d’un chemin, l’on découvre un premier effet écologique, négatif, d’une intervention de la Commission européenne.


- Iles d’Alonissos (Grèce), correspondance

Les Grecs qui vivent dans les îles Sporades, au nord-est de l’Attique paraissent soulagés par la fin momentanée de la crise financière. Ils ne sont pas dupes du jeu politique qui s’est joué les derniers mois et qui finalement a conclu à un accord peu différent de celui réclamé par la Troïka.

Ici tout le monde vit du tourisme et ces tergiversations (les élections, le référendum) ont fait peur aux touristes et ont gâché la saison. « Aujourd’hui les réservations repartent, surtout celles des Grecs qui se demandaient s’ils pouvaient ou non envisager de partir alors que les retraits par carte bancaire étaient limités à 60 euros par jour », explique Konstantina, qui gère une charmante pension sur l’île d’Alonissos où la saison, au mieux, dure de mi-mai à mi-septembre, le reste de l’année étant trop pluvieux pour le tourisme.

Dans cette île bien arrosée où l’on imagine les ruisseaux dévalant la montagne au printemps, les pluies ne suffisent plus aux besoins de la saison estivale. Dans les années 2000 un projet de barrage a vu le jour, qui devait permettre d’y remédier. Financé par la Communauté européenne, pour un montant de 12 millions d’euros, ce barrage a été achevé au début de la décennie. On peut y accéder à pied par un joli sentier de randonnée qui suit un canyon qui n’est en fait que le lit de la rivière. Plus le chemin devient escarpé et le but s’approchant, plus on trouve de morceaux de bâche noire.

Confiants dans leurs calculs, les ingénieurs ont estimé qu’ils pouvaient faire l’économie de cette bâche imperméable sur la face sud du bassin de rétention. Une erreur fatale, car toute l’eau stockée grâce aux pluies s’infiltre rapidement à cet endroit et la retenue ne garde qu’un fond de bassine. Aujourd’hui, ce barrage est un éléphant blanc, plaie béante dans ce paysage luxuriant, dont la route d’accès profitera à l’immobilier et au mitage de la montagne, car ici on est jamais loin de la mer...





Lire aussi : « La politique de la zone Euro vis-à-vis de la Grèce est un néo-colonialisme »

Source et photos : Christine Laurent pour Reporterre

Photo : Le débarquement du ferry à Patititiri, sur l’île d’Alonissos (© Christine Laurent/Reporterre)

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