Faire un don
48126 € récoltés
OBJECTIF : 80 000 €
60 %
Pour une presse libre comme l'air ! Soutenir reporterre

Récupérer le pain perdu des boulangeries, c’est le « gratuivorisme », alias « freegan »

Durée de lecture : 3 minutes

13 mars 2014 / Save the green

Gratuivorisme : se servir dans les poubelles


Vous voyez quoi sur cette photo ? Du pain ? Et bien moi, je vois autre chose. Pour moi, ce sont des kilos de gâchis. Car les pains que vous voyez, je les ai trouvés dans une poubelle…

C’était hier en fin de journée, sur Châlon sur Saône. Nous nous sommes arrêtés en voiture avec Fred pour acheter quelques produits dans une épicerie et en sortant de la voiture, Fred a remarqué un sac rempli de pains qui dépassaient d’une poubelle. Pas étonnant, nous étions à côté d’une enseigne de boulangerie Marie Blachère. On s’est dits qu’on allait récupérer ce pain pour nos poules et pour les chevaux d’une amie, pensant que ce pain était rassis. Mais en le prenant, indignation, ce pain était frais, datant d’hier, encore moelleux, bon à être consommé. Nous avons récupéré un sac entier dans les poubelles, soit une trentaine de pains, mais il y en avait encore deux sacs plein en dessous.

C’est la première fois que je récupère quelque chose dans une poubelle, comme les freegans. Et voyez vous, ça me dégoûte un peu. Ce n’est pas le fait de consommer des produits issus des poubelles, non, c’est plutôt de savoir que cette boulangerie jette sans états d’âme, alors qu’elle aurait pu en faire profiter des familles qui n’ont pas grand chose pour vivre et se nourrir. La personne qui gère les stocks ne doit pas être très douée au passage. Bref, cette boulangerie aurait pu donner ces pains aux restos du coeur par exemple. Ça ne faisait pas de grosse différence pour elle entre donner ou jeter alors que pour les familles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, avoir du pain frais ça peut apporter un réel plus (d’un point de vue nutritif et gustatif).

Je sais que la plupart des industriels mettent en avant certains aguments (comme les dates de conservation, les risques sanitaires) quand il s’agit de trouver des excuses pour se disculper, quand ils préférent jeter ou mettre de la javel sur de la nourriture « périmée » pour que personne n’en profite. Mais le pain, c’est un aliment qui se garde. Même rassis, on peut en faire des plats, des croûtons, du pain perdu, des puddings… Et même le donner aux animaux.

Combien de pains finissent chaque jour dans les poubelles alors qu’ils pourraient être consommés, partagés, offerts ?

Je suis indignée, choquée même. Mais dans quelle société vivons-nous ? Que faire quand on voit ce genre de pratiques ? Dénoncer, boycotter l’enseigne (ça je le fais déjà) ?

Et vous, vous est-il arrivé de vous servir dans des poubelles ou de constater ce genre de comportements ? Que faire pour limiter ce genre de pratiques ?


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Lire aussi : J’ai testé pour vous : élever des poules dans mon jardin

Source : Save the green.

Écouter aussi : C’est quoi, une gratiferia ?.

12 décembre 2019
Le crime d’écocide, bientôt dans la loi ?
Info
12 décembre 2019
Le « pacte vert » européen croit encore en la croissance verte
Info
13 décembre 2019
Qu’est-ce que l’opération « Rien de neuf » ?
1 minute, 1 question