Il invente un crayon géant pour signer la pétition anti TAFTA

Durée de lecture : 3 minutes

4 septembre 2015 / Didier Harpagès (Reporterre)

Pour aider à la lutte contre le projet de Traité transatlantique, Charlélie Pottier, étudiant français, a choisi la manière cocasse : il promène à travers la France un crayon gonflable géant pour inciter les passants à signer la pétition. Un préambule à la semaine de mobilisation du 10 au 17 octobre en Europe et en Amérique du Nord. Le premier arrêt du crayon nomade et militant s’est déroulé à Dunkerque.


- Dunkerque, correspondance

Venu de Berlin où il poursuivait des études de philosophie dans le cadre du programme Erasmus, Charlélie Pottier, Normand de naissance, est arrivé à Dunkerque le 30 août accompagné d’un crayon géant gonflable sur lequel on pouvait lire notamment : « STOP TTIP ». Il était l’invité du collectif dunkerquois anti TAFTA. Rappelons que plusieurs sigles désignent le projet du grand marché transatlantique qui fait l’objet de négociations entre le gouvernement états-unien et la Commission européenne : TAFTA (Trans Atlantic Free Trade Agreement) et TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership). C’était pour le crayon la première étape d’un tour de France qui se terminera le 1er octobre à Charleville-Mézières, avant le retour, le lendemain, à Berlin (6 septembre à Marseille, 11 et 12 septembre à Toulouse, 17 septembre à Rennes, 23 septembre à Nancy, 26 septembre à Paris).

C’est à la suite d’un stage de huit mois dans une petite ONG berlinoise, Powershift, et d’un échange-partenariat avec l’association AITEC (Association internationale de techniciens, experts et chercheurs) que Charlélie Pottier fut amené à prendre l’initiative de faire circuler en France ce crayon géant afin de provoquer, dit-il modestement, des petits événements publics propices à la discussion et à la diffusion des idées relatives à la lutte menée contre la signature, puis la ratification de l’accord de libre échange transatlantique.

Charlélie Pottier

Quand on lui demande quelle est, à ses yeux, la disposition la plus inquiétante de ce projet, il répond : « Le mécanisme de règlements des différends entre les investisseurs multinationaux et les Etats, déjà présent dans l’accord UE-Canada (CETA), et qui autorisera les multinationales à évacuer, procès à l’appui, les normes sanitaires, sociales et environnementales, lesquelles sont autant d’obstacles à la réalisation de leurs profits. »

Préambule à une mobilisation internationale

Le crayon géant, fixé sur la digue-promenade de Dunkerque-Malo les Bains, attira le regard des promeneurs, venus profiter, pour ce dernier week-end de vacances, de l’ensoleillement généreux en bord de mer. Symboliquement, il s’agissait de les inciter à signer la pétition anti-TAFTA.

« La réactivité fut très bonne, confia Xavier Vilain, membre du collectif dunkerquois, puisque nous avons recueilli plus de 350 signatures, ce qui est exceptionnel. Certes, nous croisons encore quelques réfractaires vantant les mérites du libre échange intercontinental mais dans leur grande majorité, les estivants, attirés par le crayon géant, acceptèrent de signer la pétition ! »

« C’est un bon début ! renchérit Charlélie Pottier. J’espère qu’il en sera de même dans les autres villes où je m’arrêterai. Ce tour de France, ajoute-t-il, est en fait le préambule à une semaine de mobilisation qui aura lieu du 10 au 17 octobre partout en Europe ainsi qu’en Amérique du Nord, contre tous les traités de libre-échange : TTIP/TAFTA (UE/ USA), CETA ( UE/ Canada), TPP (Transpacifique) et TISA (services). Le mot d’ordre de ces manifestations sera : Trade for the benefit of people (le commerce au service des peuples). »

En début de soirée le crayon fut dégonflé et plié. Les militants dunkerquois pouvaient être satisfaits de cet évènement. Quant à lui, Charlélie Pottier reprit la route pour une étape, cette fois plus courte, qui le mena à Lille où d’autres militants anti TAFTA l’attendaient en vue de la préparation de la journée du 31 août.


- Pour signer la pétition anti-Tafta, qui a déjà recueilli plus de deux millions et demi de signatures de citoyens européens, c’est ici


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Lire aussi : Coup de tonnerre à Strasbourg : le vote sur le TAFTA est reporté

Source : Didier Harpagès pour Reporterre

Photos :
. chapô : Stéphanie Danielle Roth de l’organisation STOP TTIP.org
. autres : Didier Harpagès/Reporterre

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