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En brefTraités de libre-échange

Mercosur : l’accord approuvé malgré le vote de la France

Mobilisation des agriculteurs contre l'accord commercial UE-Mercosur à Paris, le 8 Janvier 2026.

L’accord de libre-échange UE-Mercosur a été approuvé, le 9 janvier, par une majorité « qualifiée » d’États européens (c’est-à-dire un regroupement d’au moins 15 États, représentant au moins 65 % de la population de l’Union européenne). La France, la Pologne, la Hongrie et l’Irlande ont voté contre ce texte, auquel s’oppose très vivement une large partie du monde agricole.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourrait signer dès le 12 janvier ce traité commercial avec le Mercosur (le marché commun entre le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l’Uruguay). Ce texte établirait la plus vaste zone de libre-échange au monde.

Opposition des agriculteurs

Nombre d’agriculteurs s’inquiètent de la concurrence déloyale qui pourrait s’installer, suite à l’adoption de ce texte, entre les travailleurs européens et latino-américains. Les éleveurs français et allemands de viande bovine et de poulet, notamment, craignent que la réduction des droits de douane fasse dégringoler leurs prix, annihilant un secteur déjà fragilisé.

Les normes diffèrent par ailleurs grandement entre les deux régions. Le Brésil, par exemple, est le deuxième plus grand importateur de produits phytosanitaires produits en Europe, mais interdits d’usage sur son sol, d’après les données des ONG Public Eye et Unearthed. Les standards divergent également grandement dans le secteur de l’élevage, l’utilisation d’hormones et d’antibiotiques comme activateurs de croissance étant prohibée en Europe, mais pas dans le Mercosur.

Les experts s’inquiètent également de l’introduction, dans ce texte, d’un « mécanisme de rééquilibrage », permettant à l’une des parties signataires de demander une compensation si une politique instaurée par l’autre « affecte défavorablement le commerce ». Autrement dit, si l’Union européenne décide de mettre en place des normes plus protectrices, par exemple sur les pesticides, et que cela nuit aux intérêts commerciaux des États du Mercosur, ces derniers pourraient exiger une compensation.

Ce mécanisme de rééquilibrage pourrait notamment affecter le règlement européen sur la déforestation importée (RDUE), qui n’est pas encore pleinement entré en vigueur. Plusieurs expertises estiment que l’accord devrait encourager la déforestation, via l’augmentation de la production de bœuf à destination de l’Europe en Amérique latine. Plus de 700 000 hectares de forêts pourraient être sacrifiés, selon l’Institut Veblen et l’ONG Canopée.

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