Ces Bleus-là font encore trembler la planète : voici l’équipe de France des ennemis de l’écologie
Nicolas George, Arnaud Rousseau, Jean-Laurent Bonnafé, Patrick Pouyanné, Pierre-Édouard Stérin, Rodolphe Saadé, Bernard Arnault, Marine Le Pen, Pascal Praud, Emmanuel Macron et Laurent Duplomb. - © Mélissa Germany / Reporterre
Nicolas George, Arnaud Rousseau, Jean-Laurent Bonnafé, Patrick Pouyanné, Pierre-Édouard Stérin, Rodolphe Saadé, Bernard Arnault, Marine Le Pen, Pascal Praud, Emmanuel Macron et Laurent Duplomb. - © Mélissa Germany / Reporterre
Patrick Pouyanné, Arnaud Rousseau, Emmanuel Macron... Alors que la Coupe du monde de football touche à sa fin, Reporterre a composé son équipe de France des ennemis de l’écologie.
Qui de l’Espagne ou de l’Argentine remportera la Coupe du monde de football 2026 ? Verdict dimanche 19 juillet, au terme d’une finale opposant les champions d’Europe et les champions du monde en titre. Avant que ne soit sifflé le coup d’envoi, Reporterre vous dévoile son « 11 type ».
Quésaco ? Chez nos confrères et consœurs journalistes sportifs, le 11 type est un format courant. L’objectif est simple : composer une équipe fictive en piochant chez les différents participants les meilleurs joueurs d’une compétition.
Attention ! On ne prétend pas avoir à Reporterre les compétences pour départager Lionel Messi de Lamine Yamal… En revanche, vous offrir la composition – non exhaustive – des onze pires ennemis de l’écologie, ça, c’est dans nos cordes. Donald Trump, Javier Milei, Elon Musk, Jeff Bezos et compagnie, ne nous en voulez pas ; vous avez toute votre place dans un 11 mondial, mais aujourd’hui, c’est une équipe de France que Reporterre a concocté.
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Gardien : Jean-Laurent Bonnafé
Qui d’autre qu’un banquier pour encaisser les buts ? Jean-Laurent Bonnafé, chevalier de la Légion d’honneur, est le patron de BNP Paribas. Ce groupe est le soutien financier n °1 en Europe de l’expansion gazière et pétrolière. TotalEnergies, Chevron, ExxonMobil, Shell, BP… Il finance ces géants des fossiles à coups de dizaines de milliards d’euros, ce qui en fait tout simplement l’entreprise française la plus émettrice de gaz à effet de serre.
Son geste technique — Le greenwashing. Jean-Laurent Bonnafé est vice-président de l’Association des entreprises pour l’environnement, dont la « raison d’être » est : « Une seule planète et un monde prospère. »
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Latéral gauche : Arnaud Rousseau
Arrivé dans l’équipe en 2023, Arnaud Rousseau est aujourd’hui un leader de vestiaire indiscutable. Président de la FNSEA, le syndicat agricole productiviste dominant, il prête aussi bien sa plume à Laurent Duplomb qu’aux élus du Rassemblement national et brille par son endurance. Dès que gronde la colère paysanne, il court les plateaux TV et radio pour incarner la voix des agriculteurs. Seulement, à y regarder de plus près, Arnaud Rousseau revêt plutôt l’habit de grand patron. Outre la FNSEA, il est aux commandes du groupe international d’agro-alimentaire Avril, dont le chiffre d’affaires dépassait en 2025 8 milliards d’euros.
Son apport pour l’équipe — Il offre des oranges (pleines de pesticides) à la mi-temps.
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Défenseur central : Patrick Pouyanné
Patrick Pouyanné, c’est le boss de la défense. Des tornades, il en a affronté, mais le PDG de TotalEnergies a toujours maintenu son cap envers et surtout contre tous : l’extraction des fossiles. Dans un rapport publié en 2021, Oxfam révélait que le géant français des hydrocarbures émettait plus de gaz à effet de serre que… la France. Une performance de haut vol, mais son patron refuse de se reposer sur ses lauriers : en septembre, il a annoncé vouloir augmenter sa production de pétrole et de gaz de 4 % par an d’ici à 2030, à contre-courant de toutes les recommandations scientifiques.
Sa stratégie — S’adapter à n’importe quelle attaque. En pleine guerre au Moyen-Orient, ses bénéfices ont bondi de 51 %. Les supporters de l’équipe adverse parleront sûrement de « profits de guerre indécents ».
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Défenseur central : Nicolas George
Jusqu’ici remplaçant, Nicolas George est le tout nouveau directeur général de Lafarge France. En 2021, sa société, géant du ciment inscrit au CAC 40, était l’entreprise française qui émettait le plus de gaz à effet de serre par euro de chiffre d’affaires.
Son prédécesseur déchu — Bruno Lafont, titulaire indiscutable de 2007 à 2015, a écopé d’un sacré carton rouge en avril. L’ex-PDG de Lafarge a été condamné à six ans de prison pour avoir versé des millions d’euros à des groupes rebelles djihadistes, dont Daech, afin de maintenir son activité en Syrie dans les années 2010. Il a fait appel de cette condamnation.
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Latéral droit : Pascal Praud
Des 11 types, il en a dessiné un paquet. De 1988 jusqu’au début des années 2010, Pascal Praud travaillait dans l’univers du foot, tantôt comme chroniqueur sur TF1 aux côtés de Thierry Roland, tantôt comme chargé de la communication et du marketing du Football Club de Nantes. S’il n’avait pas abandonné cette casquette pour s’improviser analyste politique, sans doute n’aurait-il pas intégré cette équipe. Seulement, depuis qu’il est aux manettes de l’émission « L’Heure des pros », sur CNews, le Nantais s’affaire à banaliser l’extrême droite et le climatoscepticisme. Pas plus tard que le 21 mai, alors qu’un épisode de chaleur millénaire frappait l’Hexagone, l’animateur niait encore le consensus scientifique. Ne vous tracassez pas à jeter un coup d’œil à la chaîne : Reporterre l’a fait pour vous.
Son petit plus — Peut faire office de brasseur d’air dans le vestiaire.
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Milieu défensif : Pierre-Édouard Stérin
Rouage indispensable de l’équipe, Pierre-Édouard Stérin tire les ficelles dans l’ombre. Le milieu de terrain affiche un profil complet : ultraconservateur anti-IVG, admirateur de Donald Trump, exilé fiscal assumé et devenu milliardaire en lançant en 2003 les coffrets cadeaux Smartbox. Inconnu au bataillon jusqu’en 2025, il s’est rapidement imposé comme LE promoteur et financeur de l’extrême droite française.
Son geste technique — Les passes décisives à Marine Le Pen.
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Milieu gauche : Laurent Duplomb
Le sénateur républicain de la Haute-Loire, encore inconnu du grand public il y a peu, a signé une année fracassante. À l’origine de la controversée loi qui porte son nom, il s’est fait retoquer par le Conseil constitutionnel en août 2025 sur la réautorisation de l’acétamipride. Solide sur ses appuis, il n’a rien lâché pour revenir à la charge en transformant le projet de loi d’urgence agricole en loi Duplomb 2, dont la version approuvée en commission mixte paritaire valide le retour de l’acétamipride et renforce le contrôle des agriculteurs sur la gestion de l’eau… Un bel exemple de persévérance.
Son coéquipier préféré — Le latéral gauche, Arnaud Rousseau, toujours là pour l’épauler… voire écrire à sa place les propositions de loi.
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Milieu droit : Marine Le Pen
Jordan Bardella ne quittera pas le banc de touche tout de suite. Dauphin de Marine Le Pen, il attendait le 7 juillet avec impatience, doigts des mains et des pieds croisés. Raté ! Si la cour d’appel de Paris a à nouveau jugé la députée du Pas-de-Calais coupable, elle reste malgré tout titulaire pour la compétition reine : l’élection présidentielle. Pour nous, ça ne change pas grand-chose. Au-delà de leur programme xénophobe, les deux veulent climatiser le pays, démonter les éoliennes, soutenir les fossiles et rester muets sur les ravages de l’agriculture productiviste.
Sa botte secrète — La feinte de corps pour esquiver le bracelet électronique.
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Ailier gauche : Bernard Arnault
Emmanuel Besnier ou Bernard Arnault ? La question a été difficile à trancher pour le poste d’ailier gauche. À la tête du géant Lactalis, le premier est décrit par certains paysans comme un véritable « prédateur ». La connexion avec Duplomb et Rousseau était donc toute trouvée. Seulement voilà, le multimilliardaire se montre trop discret. Reporterre a bien tenté de lui tendre le micro à la sortie d’une défaite cuisante en février 2024… mais rien à faire : nos questions sont restées sans réponse.
Résultat : c’est l’un des leaders du classement Forbes qui décroche son ticket pour ce 11 type. Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH, est l’homme le plus riche de France. Notamment propriétaire des médias Les Échos, Le Parisien et Paris Match, il contrôle son image à la perfection et s’est même emparé en 2025 de la revue Sciences et avenir, au grand désarroi des salariés. Heureusement, des médias indépendants comme Reporterre sont là pour rappeler le palmarès du joueur. Dernière fulgurance en date : des millions d’euros dépensés pour retarder l’interdiction de vente de ses produits cancérogènes.
Sa stat’ délirante — Malgré ses 77 ans, Bernard Arnault rivalise en vitesse avec Kylian Mbappé, grâce à son jet privé hyperactif.
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Ailier droit : Rodolphe Saadé
À peu de choses près, Rodolphe Saadé a des statistiques comparables à celles de Bernard Arnault. Patron de l’armateur CMA CGM, il détient également BFM-TV, RMC, La Provence, ou encore La Tribune, et partage avec son avant-centre, Emmanuel Macron, une passion pour l’Olympique de Marseille, club qu’il sponsorise. Pour cela, il peut aussi compter sur le ministère de la Transition écologique, qui, en échange d’un chèque de 2 millions d’euros, n’a pas hésité à faire figurer son groupe au cœur de sa communication à l’occasion de l’Unoc, le sommet mondial pour les océans, aux côtés d’associations écologistes comme Surfrider. Une sacrée feinte, alors que le transport maritime est à l’origine d’autant d’émissions de gaz à effet de serre que l’avion.
Son talon d’Achille — Le chant de supporters « On veut le blé de Saadé pour nos pépés ! » Ça lui remémore une sale journée de 2023, en pleine lutte contre la réforme des retraites, quand des ultras avaient bloqué son gratte-ciel pour dénoncer ses superprofits.
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Avant-centre : Emmanuel Macron
Comme le dit son idole, Kylian Mbappé, « tu m’parles pas d’âge ! » : Emmanuel Macron a été désigné capitaine de son équipe à seulement 39 ans, devenant le plus jeune président de la République française. Depuis, il enchaîne les performances et n’hésite pas à le faire remarquer devant la presse : « Un gros travail [d’adaptation] a été fait et je pense que l’honnêteté conduit à le regarder », se félicitait-il le 25 juin, alors que l’Hexagone vivait la journée la plus chaude de son histoire. Peut-être un petit passage chez l’opticien s’imposera-t-il pour l’avant-centre. Car, à ce moment-là, les locataires cuisaient dans les passoires thermiques, les écoles se transformaient en fournaises, les villes en étuves et les élevages en cimetières géants. Une drôle définition de l’adaptation !
La phrase qu’il ne pourra emprunter à Mbappé — « Vous êtes pas contents ? Triplé. » Car, d’ici dix mois, il rejoindra le banc de touche après deux mandats à l’Élysée.
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Entraîneur : Vincent Bolloré
Qui mieux de Vincent Bolloré pour diriger cette équipe ? L’industriel d’extrême droite est à la tête d’un véritable empire médiatique et culturel. CNews, Canal+, Europe 1, Journal du dimanche… Il contrôle même les maisons d’édition Fayard et Hachette, pour le plus grand bonheur de Jordan Bardella, Philippe de Villiers, Nicolas Sarkozy et Éric Zemmour. Sa recette magique ? Des discours de vestiaire réactionnaires sur l’immigration, l’insécurité, le wokisme et la remise en cause de l’écologie. Et cette diversion semble fonctionner puisqu’en mai, Reporterre a été convoqué et auditionné par le Sénat sur « les zones grises de l’information en ligne »… pendant qu’il continuait paisiblement d’agrandir son royaume.
Son défaut — Les contestations récurrentes auprès de l’arbitre, à coups de procédures-bâillons.