A Bruxelles, élargir le périphérique serait mauvais pour le climat

Durée de lecture : 2 minutes

21 janvier 2013 / Inter Environnement Bruxelles

L’élargissement du ring de Bruxelles ou de l’Oosterweelverbinding à Anvers est incompatible avec les objectifs climatiques européens.


Greenpeace et Bond Beter Leefmilieu ont présenté l’étude « Influence des nouvelles infrastructures routières sur les émissions de CO2 en Belgique ». Transport & Mobility Leuven a analysé l’impact réel des différents projets annoncés en matière d’émissions de CO2. Le bureau d’études a examiné les conséquences des plans d’élargissement du ring de Bruxelles et d’Oosterweelverbinding à Anvers. La conclusion est très claire. L’élargissement du ring de Bruxelles ou l’Oosterweelverbinding à Anvers sont incompatibles avec les objectifs climatiques européens.

Le rapport montre qu’une politique maximaliste - investir à la fois dans la création de voiries et dans les alternatives à la voiture - ne permet pas d’atteindre nos objectifs climatiques. Le bénéfice réalisé par les alternatives est réduit à néant par l’expansion du réseau routier. L’étude met également en évidence l’existence d’un biais important dans l’approche actuelle d’évaluation des incidences environnementales.

En effet, les systèmes de modélisation du trafic ne prennent pas en compte (ou très peu) l’impact fondamental du trafic supplémentaire induit par les nouvelles infrastructures (effet d’appel). En outre, les Études d’Incidences Environnementales flamandes considèrent les émissions de CO2 comme des données marginales dont le poids n’est pas déterminant dans les décisions finales. Le changement climatique est pourtant le plus grand défi environnemental auquel nous sommes confrontés.

Les associations de défense de l’environnement attendent que le Gouvernement flamand :

• résolve les problèmes de circulation à Anvers et à Bruxelles en instaurant des mesures fiscales et en optant résolument pour les transports publics et les infrastructures cyclables ;

• cesse les couteux projets d’extension des infrastructures routières ;

• impose de réels efforts aux secteur des transports dans le cadre du Plan Climat flamand. Une taxe kilométrique pour les poids lourds (prévue pour 2016) n’est qu’un premier pas et devrait être étendu à l’ensemble du parc automobile ;

• fasse des émissions de CO2 un élément clé dans l’évaluation des impacts environnementaux ;

• intègre l’effet d’appel dans les modélisations de trafic.



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Source et photo : IEB (Inter-Environnement Bruxelles)

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