Méditerranée, golfe de Gascogne... La mer aussi surchauffe
La gorgone rouge (Paramuricea clavata), espèce endémique de la Méditerranée, pâtit de la chaleur. - Wikimedia / CC BY-SA 4.0 / FredD
La gorgone rouge (Paramuricea clavata), espèce endémique de la Méditerranée, pâtit de la chaleur. - Wikimedia / CC BY-SA 4.0 / FredD
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Le monde marin aussi suffoque. Dans le golfe de Gascogne, sur la façade ouest du pays, la température de surface de la mer atteint 20,7 °C, d’après des données satellitaires de Météo France citées par Le Monde. Cette température est supérieure de 3 °C aux normales de saison de 1991-2020, et comparable à celle atteinte lors des canicules marines de 2023.
Au nord-ouest de la Méditerranée, la mer surchauffe à 25,1 °C, soit 3,3 °C de plus que les valeurs de référence à cette période de l’année. Le reste de l’océan n’est pas épargné : en mai, le service européen Copernicus relevait que sa température globale moyenne frôlait les 21 °C, soit 0,65 °C de plus que la moyenne sur la période 1991-2020.
Pour les écosystèmes marins, l’envolée du mercure a des conséquences désastreuses, dont les effets peuvent se faire ressentir durant plusieurs années. « Les espèces marines ont évolué pendant des millions d’années pour occuper des fenêtres thermiques spécifiques, expliquait en 2023 à Reporterre l’écologue Dan Smale. Lorsque ces seuils de température sont dépassés, cela peut générer un stress important, des échecs reproductifs, voire des mortalités massives, avec des implications pour l’ensemble de la chaîne alimentaire et des écosystèmes touchés. »
Une étude parue en 2022 dans la revue scientifique Global Change Biology a notamment montré que les vagues de chaleur marines pouvaient provoquer des « mortalités massives » chez une cinquantaine d’espèces de poissons, d’éponges, d’algues et de mollusques, jusqu’à 40 mètres sous la surface. Après les canicules, décrivent des chercheurs, les fonds marins peuvent prendre des airs de « forêt cramée ».