À LA TÉLÉ - Pesticides, la tension monte

Durée de lecture : 3 minutes

20 mai 2020 / Réseau d’enquêtes



Tous les ans, 65.000 tonnes de pesticides sont utilisées en France, l’un des plus hauts niveaux mondiaux de consommation de produits phytosanitaires. Alors que la tension monte entre agriculteurs et riverains, maires et pouvoirs publics, pro et anti-pesticides, le magazine « Réseau d’enquêtes » diffuse « Pesticides, le débat empoisonné », mercredi 20 mai 2020 à 23 h 15 sur France 3.

  • Présentation du film par son producteur :

Des rapports accablants ont dénoncé l’effet extrêmement nocif des pesticides sur notre santé et notre environnement. Les politiques ne sont pas avares de déclarations choc en la matière, mais leurs propositions d’action, souvent controversées, restent également bien timides.

Avant d’arriver dans nos assiettes, certains produits reçoivent jusqu’à 35 traitements phytosanitaires ! Manger sain est devenu un vrai défi quotidien. Il y a ceux qui se ruent sur les produits bio, ceux qui consomment les fruits et légumes traditionnels, ceux qui privilégient l’agriculture locale… Alors ? Que choisir ?

Charles-Henry Boudet est parti à la rencontre de plusieurs agriculteurs français. Parmi eux, certains défendent une agriculture raisonnée. « On utilise une grande partie de produits bioconformes et une infime partie à base de synthèse. » Ici, vous l’aurez compris, le mot « pesticide » est banni. Mieux vaut éviter les polémiques, surtout avec un lotissement implanté à moins de huit mètres sur un terrain voisin jusqu’alors agricole. « Je ne vois pas pourquoi le monde agricole devrait reculer alors que c’est la ville qui s’approche. Il faut discuter. » Discuter. Et trouver des solutions… vite.

Du côté de cet agriculteur bio, Gérard Daumas, « c’est une détresse profonde qu’ils ressentent car ces agriculteurs ne savent pas les conséquences de ces produits qu’ils épandent. Et ne savent comment faire pour revenir en arrière ». Ignorance ? Détresse ? Un peu des deux ? Un viticulteur se justifie — « on est obligé, la vigne, si on ne la soigne pas, on ne produit pas ! » —, avant d’implorer aux consommateurs de lui faire confiance…

À Langouët, une petite commune près de Rennes, Daniel Cueff, son maire, a choisi de rompre le silence. Il a défié l’État avec un nouvel arrêté imposant une distance de 150 mètres entre les champs et les maisons du village. Son initiative a été imitée par d’autres maires et saluée par des lettres de soutien reçues en masse : « On a osé poser la question publiquement d’un modèle agricole qui empoisonne la planète, les citoyens, les agriculteurs. »

Nicole Duperron, une habitante du village, vit à côté d’un champ en limite de sa propriété. Des analyses ont révélé chez elle un taux de glyphosate dix fois supérieur à la moyenne. Son voisin agriculteur lui demande de lui laisser du temps… Il y a pourtant urgence. Et Paul François, céréalier en Nouvelle-Aquitaine, peut en témoigner. Il est le premier agriculteur à avoir porté plainte contre Monsanto en 2007, après voir inhalé un pesticide maintenant interdit. Aujourd’hui, après un coma, des séquelles neurologiques et un long combat judiciaire, l’agriculteur a choisi de changer son modèle agricole pour se tourner vers le bio. « Je me sens bien. J’ai retrouvé plaisir à être agriculteur. On retrouve une liberté et un bien-être au milieu de ses champs. »

Un véritable cri d’espoir. Reste à convaincre les exploitants d’aujourd’hui de suivre ce chemin. Et, surtout, de leur en donner les moyens. Devant le lycée agricole d’Angers où sont formés les agriculteurs de demain, Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire, revient sur ce métier de vocation et de passion, en proie à l’agribashing. « Je trouve que les agriculteurs ne sont pas aidés dans cette sortie de pesticides. Il faut mettre des moyens humains et financiers pour accompagner tous ces agriculteurs, il faut investir massivement. » Alors que l’interdiction du glyphosate ne cesse de tendre le débat, elle incarne aujourd’hui, et plus que jamais, le symbole d’une agriculture plus raisonnée.

  • Magazine produit avec les rédactions régionales de France 3 - Présentation Charles-Henry Boudet - Rédaction en chef Claire Combe - Production exécutive Grand Angle Productions - Réalisation Laetitia Vans et Jean Louis Perez

  • Pesticides, le débat empoisonné, Réseau d’enquêtes, mercredi 20 mai 2020 à 23 h 15 sur France 3



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