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A Nonant le Pin, ouvriers amenés par l’entreprise contre opposants à la décharge

Face aux opposants à la centrale d’enfouissement de Nonant-le-pin, des salariés de GDE ont manifesté ce matin devant la décharge. Ceux qui occupent la centrale depuis trois mois dénoncent l’instrumentalisation d’un conflit social.


A l’origine du conflit, l’ouverture programmée à Nonant-le-pin (Orne) de cette centrale d’enfouissement qui doit accueillir des déchets RBA (résidus de broyage automobile) et DIB (déchets industriels banals). Porté par GDE (Guy Dauphin Environnement), une entreprise de recyclage basée en Normandie, le projet cristallise l’opposition de plusieurs associations, dont Nonant Environnement, qui dénoncent depuis sa genèse en 2006 son surdimensionnement et ses impacts négatifs sur l’environnement.

Le 12 août 2013, le Tribunal de Grande Instance d’Argentan ordonne une expertise environnementale et hydrogéologique afin de faire l’état des lieux sur les caractéristiques du sous-sol. Mais GDE refuse de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation de cette étude, et est condamnée pour cela en décembre dernier.

Depuis le 24 octobre, un blocus s’est organisé pour empêcher les camions de GDE d’entasser les premiers déchets sur le site. Mme Dominique Bouissou, membre du F.R.O (Front de résistance de l’Orne), parle d’un « blocus citoyen, qui réunit des agriculteurs et des éleveurs, des retraités, des militants politiques. Nous sommes toujours au minimum trente à veiller sur place, depuis trois mois ». Ces riverains opposés au projet ont par ailleurs lancé une pétition qui a recueilli près de 40 000 signatures et reçu quelques soutiens politiques, dont celui de José Bové.

Alors qu’en début de semaine le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, avait annoncé la nomination d’un médiateur sur ce dossier, GDE a organisé ce matin vendredi une contre-manifestation, pour faire suite à l’annonce du gel du recrutement de 84 personnes par GDE, en conséquence du blocus. Ce sont ainsi deux cars de salariés de GDE provenant de l’usine voisine de broyage à Rocquancourt qui ont défilé sur le thème « Si nous perdons notre emploi, c’est de votre faute ».

Sur place, aucune violence n’est à déplorer. Jointe au téléphone, Noëlle Sandoz, présidente de Nonant Environnement, raconte que les manifestants ont « essayé de pénétrer la centrale, mais notre cordon d’opposition a tenu sa position et n’a laissé personne entrer. Il n’y a pas eu de dialogue particulier ». Présente, la gendarmerie a encadré la confrontation qui s’est achevée aux alentours de midi.

Pour les opposants à la décharge de Nonant-le-Pin, il y a là une instrumentalisation de conflit social : « Il s’agit d’une manipulation grossière de GDE, qui a réquisitionné ses salariés de Rocquancourt pour les envoyer nous provoquer sur le lieu du blocus ». Avant-hier, le président de la Région Basse-Normandie, Laurent Beauvais, avait accusé l’entreprise GDE de chantage à l’emploi : « Je ne peux accepter cette façon arrogante et provocatrice de s’adresser à l’opinion sur un sujet aussi sensible que l’emploi, compte tenu du contexte qui environne cette société ».

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