Alerte à l’électronisation des moutons

14 août 2012 / Sylvette Escazeaux

Le « puçage » des moutons, ou identification électronique, devient obligatoire. Enjeu : l’électronification généralisée des animaux domestiques... pour commencer.


Le puçage des animaux ...ça vous dit quelque chose ?

Tout le monde connaît les puces électroniques. Celles qui sont insérées dans votre carte bancaire, carte d’autoroute, carte de self, dans les vêtements dans les rayons des magasins, etc.... Elles ont été imposées petit à petit, parce que « c’est pratique », n’est-ce pas ?

C’est « pratique », pour nous faire « gagner du temps » il paraît, mais aussi pour que nous devenions « traçables » : le moindre de nos déplacements peut être repéré maintenant soit à cause d’un vêtement que nous portons, soit parce que nous avons utilisé une de nos multiples cartes,... contenant une puce. Et les puces envahissent, on en découvre dans plus et plus de produits.

Mais ce n’est pas tout ; une marée de puces (reyclables ?) va déferler sur les animaux. Les chiens, les chats et même des animaux sauvages n’y couperont pas. Il faut dire que cela représente un marché colossal ! De plus, une directive européenne exige maintenant que les animaux d’élevage, les moutons, les chèvres, et bientôt les vaches, les porcs, soient aussi porteurs d’une puce électronique. Raison invoquée : la traçabilité, la rapidité de lecture des numéros d’identification.

Ah oui ? Mais qui donc a tant besoin de cette « traçabilité », de cette « rapidité » ? Les petits éleveurs ? Non, c’est l’industrie qui a besoin d’aller toujours plus vite, de suivre son « produit » à la trace.... car l’industrie n’élève plus d’animaux : elle gère des « produits ». Les êtres vivants sont désormais soit des produits, soit des clients, et rien d’autre. Les normes de l’industrie dictent chaque jour un peu plus les rapports qui doivent s’établir entre les humains et les animaux, et entre les humains entre eux..

Le problème avec les normes de l’industrie, c’est qu’elles réduisent tout ce qu’elles touchent à de la marchandise. Les animaux vivent dans des camps de concentration ? Peu importe, du moment que les normes sont respectées.

Les normes abolissent et remplacent les valeurs. Et quand il n’y a plus de valeurs, il n’y a plus d’humanité. Et quand il n’y a plus d’humanité, c’est le règne de la barbarie qui s’étend à tout, à tous, et finalement aux humains eux-mêmes. C’est pourquoi c’est le moment de dire STOP !

Les éleveurs sont aujourd’hui confrontés à cette transformation de leur métier par une industrialisation forcée, à une nouvelle obligation de puçage (pour les équins cela a commencé en 2002). Ils sont nombreux à refuser cette obligation, mais des sanctions (lourdes amendes et suppression de leurs primes) menacent directement leur activité.

Aussi ILS ONT ABSOLUMENT BESOIN DE NOTRE SOUTIEN. Sans ce soutien, ils seront pris à la gorge un à un et devront se rendre ou perdre leur troupeau.

C’est donc AUJOURDHUI que nous tous, éleveurs ou non-éleveurs, devons décider si nous les laissons se débrouiller seuls, tant pis pour les valeurs qu’ils défendent, ou si nous devenons solidaires afin de ne pas laisser à nos enfants un monde dans lequel les normes marchandes gouvernent à la place des valeurs humaines.

Pour vous faire une idée des enjeux, n’hésitez pas à vous procurer, regarder et diffuser largement l’excellent film LIBRE DE DROIT :

« MOUTON 2.0 La puce à l’oreille » (libre de droit) d’Antoine Costa et Florian Pourchi.
Tous les détails

Pour vous investir davantage, contactez les collectifs mobilisés contre le puçage. Voir :

- le communiqué du Collectif pour la Liberté de l’Elevage PACA

- Collectif ariégeois « On veut pas la boucler » : onveutpaslaboucler09 (arobase) orange.fr

- Collectif Tarn et Garonne « Faut pas pucer » : fautpaspucer (arobase) laposte.net

- Collectif Hérault « La puce ou la vie »34 : BP 04, 34390 Olargues

- un site internet qui recense les actions des différents collectifs en France et propose des analyses : Contre le puçage. Contact : contrelepucage (arobase) free.fr

- le collectif Pièces et Main d’Oeuvre de Grenoble, spécialisé sur les enjeux liés aux nanotechnologies





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Source : Courriel à Reporterre

Photo : Agri 85

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