Appel pour une zone blanche en Ardèche‏

Durée de lecture : 5 minutes

20 décembre 2013 / Marie (Le Rayon Vert)



En Ardèche, une des rares « zones blanches », c’est-à-dire à peu près libres d’ondes électromagnétiques, est menacée d’un nouveau relais téléphonique.


A Pailharès en Ardèche, commune de mes parents, il y a une zone presque blanche c’est-à-dire que le portable ne passe pas partout, pas très bien et donc que cette zone est encore relativement indemne de pollution aux ondes électromagnétiques.

Nous avons découvert ça, quand une femme électrohypersensible, Isabelle, est venue se réfugier là pour cette raison, car les ondes et notamment la proximité des antennes relais, mais aussi de téléphones mobiles allumés, d’ordinateurs, lui provoquent différents problèmes de santé (mauvaise irrigation du cerveau, troubles de l’équilibre, problèmes de mémoire, migraines insupportables, paralysies partielles, pertes de sommeil, etc.).

Les symptômes varient selon l’intensité et la nature des appareils. Isabelle est à un stade qui justifie qu’on la qualifie d’hypersensible. Depuis 3 ans, elle a réussi à se reconstituer un peu. Elle n’est pas seule dans ce cas, et les EHS sont en grande détresse car les endroits non pollués par les ondes deviennent de plus en plus rares.

Leur problème n’est pas du tout reconnu en France sauf par le professeur Dominique BELPOMME, seul médecin à avoir établi un diagnostic précis de l’électro sensibilité et hypersensibilité. Quant à l’étranger, en Angleterre et d’autres pays, les EHS sont d’office internés en HP ; en Allemagne, toute association relative au sujet se voit empêchée dès le début ; en Suède c’est reconnu comme un handicap et indemnisé comme tel.

Les victimes de ce syndrome sont de plus en plus nombreuses mais l’ignorent pour la plupart. Un déni formidable existe à l’échelle de la société, à cause de plusieurs facteurs :

- des lobbies très puissants,
- des intérêts financiers colossaux derrière l’extension de la technologie de communication à tous les domaines de la vie,
- un attachement très fort au mythe du progrès : les EHS ne sont défendus ni par la droite, ni par la gauche ; le PS est à fond pour désenclaver les campagnes, mettre des ordinateurs dans les maternelles, faire de la croissance sur cette technologie.

A Pailharès, un projet d’antenne a vu le jour et malgré la poignée d’opposants, les travaux ont commencé. D’ici quelques mois, une des dernières zones blanches (enfin grise mais vivable) habitée va disparaître.

Nous avons créé une association, « Le Rayon Vert », pour défendre ces zones peu polluées par les ondes, pour que les EHS et autres personnes sensibles puissent avoir des lieux de vie et des refuges. D’ailleurs la résolution européenne n°1815 de mai 2011 préconise dans chaque état européen la création de zones blanches non couvertes par les réseaux sans fil afin de protéger les personnes EHS. Nous voulons faire connaître ce problème et travailler sur la prévention.

Or le sujet est méconnu, et surtout dérange : on touche aux pratiques quotidiennes voire intimes (certains ados sont paniqués s’il leur faut éteindre leur portable, à l’idée de rater un sms). Et en plus cela ne se voit pas, cela ne peut nuire : ça rappelle le nucléaire.

Bref avec mon enthousiasme et mon indignation, je n’arrive à intéresser personne au sujet, mais alors personne. Pourtant l’enjeu est de taille, il s’agit de santé publique, de notre mode de vie et aussi d’éducation, sans parler de l’obsolescence rapide de ces technologies sans cesse remplacées par d’autres, des matières premières utilisées pour la fabrication de toutes ces machines à renouveler souvent par de plus récentes ; c’est fou.

La publicité omniprésente incite les gens à acheter une technologie qui abîme leur santé ; troubles du sommeil et de l’attention ainsi que maux de tête pour ne nommer que les premiers troubles qui apparaissent chez les personnes non encore EHS. Depuis quelques années, apparition de cancers du nourrisson, multiplication des cancers de l’enfant.

Malgré l’OMS en mai 2011 qui a classé les rayonnements électromagnétiques comme « possibles cancérigènes », aucune mesure de précaution n’est envisagée par les politiques pour limiter leur expansion. On le voit bien avec le rapport tout récent de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire).

Ici, à Pailharès la construction de l’antenne relais est quasi achevée malgré de multiples démarches auprès des élus et un recours au tribunal administratif pour absence de permis de construire. Nous avons besoin du soutien de tous pour défendre le droit de vivre quelque part et non de survivre comme c’est le cas pour beaucoup de ces personnes atteintes d’intolérance aux ondes électromagnétiques artificielles. Ce combat permet également de faire prendre conscience de la nocivité de ces ondes pour tous et de faire passer des messages de prévention.

Le maintien de cette zone en Ardèche permettrait à Isabelle de ne pas refaire son baluchon sans savoir où aller, et pourrait permettre à d’autres personnes EHS de bénéficier de ce site pour se ressourcer ou s’installer à plus long terme. Nous aurons certainement besoin de votre présence lors d’une prochaine mobilisation afin de tenter de préserver cette zone et le cas échéant, de mettre les élus devant leur responsabilité quant à la suppression d’un lieu de vie d’une personne sans solution de repli. Merci de prêter attention. Nous vous tiendrons au courant de la date de la mobilisation.





Source : Nanomonde

Dessin : Zone blanche

Lire aussi : Téléphone et ondes : le gouvernement fait le jeu des compagnies

23 septembre 2020
La réforme de la recherche « ne nous incite pas à prendre soin du monde dans lequel on vit »
Entretien
22 septembre 2020
La betterave, cheval de Troie des néonicotinoïdes
Reportage
26 septembre 2020
La France lance un chalutier géant « fossoyeur des mers »
Reportage