Au Brésil, les Indiens ont quitté le site du barrage de Belo Monte

Durée de lecture : 2 minutes

13 mai 2013 / Tahiti Infos




Environ 200 indiens et pêcheurs qui occupaient depuis une semaine le chantier principal du barrage de Belo Monte, au coeur de l’Amazonie brésilienne, ont quitté les lieux jeudi soir 9 mai, respectant un ordre judiciaire d’expulsion, a indiqué le service de presse du consortium chargé de la construction du barrage.

« La décision d’expulsion a été prise par la procureur Selene Almeida (...) (Le consortium) Norte Energia informe que les indiens ont accepté de quitter le chantier jeudi », dit le communiqué envoyé à l’AFP précisant que l’entreprise a assuré le transport des occupants jusqu’à leurs villages dans la région du Tapajos.

Le coût de la construction du barrage sur le Xingu, fleuve de l’Etat amazonien du Para, est estimé à plus de 13 milliards de dollars. Six mille ouvriers du chantier étaient au chômage technique depuis une semaine et environ 80 policiers avaient entouré le site.

Les indigènes des ethnies Munduruku, Xypaia, Kuruaia, Canela et Jururna exigeaient que soit appliquée la loi dite de « consultation préalable des peuples indigènes » prévoyant que les autorités les consultent avant de prendre toute décision concernant leur habitat.

Les négociations pour que les indiens quittent les lieux avec les représentants du parquet fédéral et de la Fondation nationale de l’Indien (Funai) ont duré plus de trois heures.

« Nous sommes entrés pacifiquement, nous sommes sortis pacifiquement », a déclaré l’un des responsables de l’occupation Valdemir Munduruku à la TV Globo.

Pour sortir, les indigènes ont exigé de ne pas être escortés par la police qui avait encerclé le chantier et ont fait des « danses de protestations » pour manifester leur colère de ne pas avoir été entendus par des membres du gouvernement.

Belo Monte est le barrage le plus important en cours d’édification au Brésil et le troisième du monde. Il fournira 11.233 mégawatts. Sa mise en place entraînera l’inondation de 502 km2. Même si leurs terres ne seront pas inondées, l’édification du barrage risque de changer le mode de vie des communautés vivant aux alentours, qui ne pourront plus pêcher pour leur subsistance.

Le gouvernement prévoit des investissements de 1,2 milliard de dollars d’ici à la fin des travaux pour réduire les impacts négatifs de la construction.

La première turbine devrait être opérationnelle en 2015 et la dernière en 2019.






Source : Tahiti Infos

Lire aussi : Brésil : les Indiens luttent pour leurs terres sur le barrage de Belo Monte

26 septembre 2020
La France lance un chalutier géant « fossoyeur des mers »
Reportage
22 septembre 2020
La betterave, cheval de Troie des néonicotinoïdes
Reportage
25 septembre 2020
En pleine croissance, le réseau Biocoop est contesté sur le plan social
Enquête