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Aux Etats-Unis, des lois contre les documentaires sur les élevages industriels


Quand l’industrie agro-alimentaire américaine fait taire les « activistes »

En réponse aux activistes qui filment les dessous des exploitations agroalimentaires, quatorze États américains se sont dotés de lois imposant le secret sur les conditions de production de la filière.

Des vidéos choquantes diffusées sur les réseaux sociaux ou relayées par le New York Times ont généré une vive émotion dans la communauté de l’industrie agroalimentaire américaine (AAA - Animal agriculture alliance). Réalisées par des activistes de la cause animale infiltrés depuis deux ans dans des exploitations, ces images dénonçaient des actes de « torture ordinaire » sur les animaux d’élevage (âmes sensibles s’abstenir).

Autre exemple en Utah où Amy Meyer, postée derrière les barbelés d’un abattoir, filmait le calvaire d’une vache vivante, sans doute malade ou blessée. Évacuée à l’aide par un tracteur sans aucun ménagement. Le propriétaire en colère a porté plainte en vertu des lois dites « ag-gag » (ag pour agriculture, gag pour bâillonner).

Avec les « ag-gag », l’industrie agroalimentaire américaine pensait détenir l’arme absolue. Adoptées ou proposées dans 14 États américains depuis mars 2012, elles renforcent l’« Animal enterprise terrorism act », votée en 2006 par le Congrès, assimilant déjà l’activisme écologique à une forme de terrorisme.

« Les activistes dehors »

Ces lois interdisent de filmer, photographier, dévoiler à autrui ou diffuser toute information sur le fonctionnement des exploitations et les conditions de vie des animaux. La peine encourue en Utah, une amende de 1 500 dollars et jusqu’à un an de prison ferme.

Pour remédier aux désagréments de telles publicités, l’Animal agriculture alliance tenait mercredi 1er mai une conférence « privée » en Virginie. Le programme du jour : « expertises-conseils » sur la loi « ag-gag », ou encore, la façon de faire face « aux entreprises de manipulation des opposants ». Pudique, elle en interdisait l’accès à la presse et imposait un mot d’ordre à l’entrée : « les activistes dehors ». La veille, le bureau du procureur rejetait l’accusation contre Amy Meyer.


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