Bolivie : la police intervient contre les indigènes

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26 septembre 2011 / AFP



La police a dispersé dimanche 25 septembre un millier d’indigènes en marche vers La Paz. Ils protestent contre un projet de route à travers un parc naturel en forêt amazonienne.


YUCUMO (Bolivie) - La police bolivienne a dispersé dimanche 25 septembre par la force un millier d’Indiens amazoniens, qui réalisaient depuis un mois une marche de protestation vers La Paz, une intervention qui a fait quelques blessés, a constaté l’AFP à Yucumo, dans le nord-est de la Bolivie.

La police, intervenue en fin d’après-midi, a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les marcheurs qui campaient aux abords du village de Yucumo, où existait un risque d’affrontement avec des contre-manifestants, partisans du gouvernement, qui avaient érigé un barrage pour bloquer la marche.

La police est aussi intervenue pour lever ce barrage routier, situé à quelques centaines de mètres des marcheurs.

Un bilan de l’intervention contre les marcheurs n’était pas disponible dans un premier temps, mais des médias locaux ont évoqué plusieurs blessés légers.

L’AFP a vu quelques indigènes, souffrant de blessures apparemment superficielles au visage, embarqués par la police à bord d’autocars qui devaient les conduire à San Borja, à 55 km.

Selon des médias boliviens, plusieurs dirigeants des marcheurs ont été arrêtés lors de l’intervention.

Les marcheurs indiens amazoniens étaient partis mi-août de Trinidad, dans le nord du pays, pour une marche de 600 km vers la capitale La Paz. Ils protestent contre un projet de route à travers un parc naturel, le Tipnis, qui est la terre ancestrale de 50.000 indiens de trois ethnies amazoniennes.

Ils étaient parvenus samedi à Yucumo, à mi-chemin environ de leur périple, au terme d’une journée de tensions qui les a vus forcer un barrage de police, et retenir pendant plusieurs heures le ministre des Affaires étrangères, venu en médiateur, le forçant à cheminer avec eux pendant sept km.

Dans une tentative de désamorcer le face-à-face tendu à Yucumo, le président socialiste Evo Morales avait transmis dimanche une invitation aux marcheurs, pour que leurs représentants soient acheminés dans la soirée à La Paz pour une réunion avec lui à la présidence.

Mais le chef de l’Etat, qui affirme que la route à travers le Tipnis n’est rejetée que par une minorité, a aussi annoncé un référendum dans les provinces de Beni et Cochabamba, que doit relier l’axe routier, pour qu’ils disent oui ou non au projet.

Au-delà de la controverse elle-même, la marche devenait un embarras croissant pour le gouvernement, d’une part par le risque d’affrontements, d’autre part car elle commençait à cristalliser le soutien d’opposants divers ou d’anciens alliés critiques du gouvernement.

La principale centrale syndicale de Bolivie, la COB, a ainsi appelé vendredi à une grève générale mercredi en soutien des marcheurs.






Source : http://www.romandie.com/news/n/_Bol...

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