Cancun, affluence décevante, mais on ne baisse pas les bras

Durée de lecture : 4 minutes

6 décembre 2010 / Bizi !


Entre 1000 et 1500 militant(e)s altermondialistes se sont retrouvés à Cancon, malgré la neige et le verglas, ce samedi 4 décembre, pour une transition écologique et sociale comme moyen de combattre le dérèglement climatique.

Des stands très nombreux et 9 tables rondes différentes ont permis de montrer les résistances et alternatives qui sont autant de solutions bien concrètes et réalisables aux causes du réchauffement climatique : dans les domaines de l’énergie ; des transports ; du type d’ agriculture ; de la relocalisation de l’économie, de l’éco-construction, de la finance etc...

Ce qui manque aujourd’hui, c’est la volonté politique d’appliquer ces solutions à grande échelle pour éviter le pire des scénarios, celui actuellement en cours : la fuite en avant vers les 3,5 degrés celsius en plus (voir + 5 ° selon d’autres estimations) à l’horizon 2100 alors qu’on sait que le seuil d’emballement climatique incontrôlable et irréversibble se situe aux alentours des + 2°C !!!

Changer le système pas le climat !

Il ne s’agit pas de construire des voitures électriques ou des camions roulant aux agrocarburants mais de diminuer massivement leur nombre grâce au développement radical des transports collectifs, du fret SNCF ou maritime financé par l’argent qui doit être aujourd’hui gaspillé dans des fuites en avant suicidaires du type LGV, aéroport Notre Dame des Landes.... ainsi que par une taxe carbone redistributive.

Il ne s’agit pas d’acheter des forêts et de privatiser des millions d’hectares de terres dans les pays du sud pour bénéficier de crédits carbones permettant de continuer à polluer toujours plus dans les pays du Nord.

Il faut changer de logiciel, il faut en finir le plus rapidement possible avec ce système dont la logique fondamentale est de produire non pas pour répondre aux besoins existants mais pour vendre toujours plus. Cette logique a une conséquence incontournable : on crée des besoins là où ils n’existent pas, on limite volontairement la durée de vie des objets produits, et du coup, on produit tellement qu’on “consomme“ déjà aujourd’hui une planète et demi par an alors qu’une seule chose est évidente pour tous et pour toutes : nous n’avons pas de planète B !

C’est pour cela qu’était organisé ce contre-sommet de Cancon. Il a permis d’affirmer haut et fort à l’occasion du sommet de Cancun : il faut changer le système pas le climat !

Une bataille pas comme les autres

La bataille climatique est différente des autres batailles, toutes aussi importantes dans notre quotidien tellement maltraité par le néo-libéralisme dominant et le capitalisme destructeur : c’est une bataille qui se joue, se gagne ou se perd dans les années à venir, mais qu’on ne pourra plus rejouer par la suite si par malheur on la perdait.
La bataille pour les retraites peut-être perdue à tel moment et menée à nouveau à tel autre. Mais si nous perdons celle pour le climat, ce le sera de manière définitive. L’emballement climatique sera irréversible et changera en profondeur la donne de toutes les autres batailles.

Enfin, le combat pour la justice climatique a une autre spécifité : celle d’unir dans le même bataille mondiale et cruciale les peuples du nord et du sud, avec un calendrier et une stratégie également partagés. Le duplex entre Cancon et Cancun fut un beau symbole de cette réalité et un fort moment d’émotion dans une salle encore pleine de plus de 600 personnes, 8 heures après l’inauguration du contre-sommet de Cancon.

La présence à Cancon de Cécile Duflot, Catherine Grèze et José Bové (d’Europe Ecologie-Les Verts), Martine Billlard et Gérard Boulanger (du Parti de Gauche), Philippe Martin, secrétaire national adjoint du PS chargé de l’environnement, montre que les enjeux d’urgence et de justice climatique sont pris au sérieux par certains courants de la gauche française.

Continuer plus que jamais

Nous devons poursuivre notre travail pour élargir cette prise de conscience et pour avancer de manière décisive dans le rapport de forces mondial en faveur d’un accord ambitieux, contraignant, efficace et juste contre le réchauffement climatique, écartant dans le même temps toutes les fausses solutions du type agro-carburant, nucléaire, MDP, privatisations de terres favorisées par les crédits carbone etc.

Le mouvement international pour la justice climatique qui se construit et s’affirme chaque jour avec davantage de force sera en priorité la résultante de l’engagement déterminé des plus pauvres, des plus démunis de cette planète et de nos sociétés, qui sont et seront les premières victimes des conséquences du changement climatique, et les moins à mêmes de s’y adapter.



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Source : http://www.bizimugi.eu/?p=2994

Complément d’information : Un petit récit sur Médiapart http://www.mediapart.fr/club/editio...

Lire aussi : Les caravanes pour la justice climatique sont arrivées à Cancun le 3 décembre http://www.reporterre.net/spip.php?...

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