Climat : pour une distribution planétaire des droits au CO2

Durée de lecture : 3 minutes

2 décembre 2010 / Jean Sireyjol

Une contribution de 8 centimes par litre d’essence pour sauver le Climat !


2010 nous confirme l’ampleur des dégâts que va provoquer le réchauffement climatique : inondations monstrueuses au Pakistan, canicule en Russie avec feux de forêts et effondrement de la récolte en blé. En France, à une moindre échelle, nous avons eu la tempête Xynthia (dont les dommages ne sont pas encore réglés) et les inondations de Draguignan. En 2010, il suffit de regarder pour comprendre : le Climat est fragile et le réchauffement climatique nous fragilise.

2010, année zéro de l’accord mondial

Apres l’échec de Copenhague (Flopenhague) les gouvernements n’essaient même plus de rechercher cet accord qui leur parait impossible et la négociation de Cancun ne vise que des
objectifs très limités.

Devant ce renoncement, nous vous proposons une approche nouvelle.
Et si on raisonnait comme si chaque être humain avait les mêmes devoirs et les mêmes droits vis à vis de notre bien commun le Climat ?
- Même devoir : pollueur-payeur : Le principe pollueur payeur est l’outil indispensable (certes pas suffisant, mais absolument nécessaire) pour réduire les pollutions en les rendant plus couteuses. Le carbone est une pollution, il faut mettre un prix sur le carbone, et la justice et la simplicité c’est que ce prix soit le même pour tout le monde.
- Même droit : redistribution équitable : Cet argent collecté avec le principe pollueur payeur représente l’utilisation d’une ressource commune, l’atmosphère. Chaque humain sur Terre a droit à exactement la même part de ce bien commun, que constituent l’atmosphère et notre Climat. Le principe juste c’est donc de redistribuer ces revenus également entre chaque citoyen du monde.

Que donnerait au niveau mondial l’application de ces 2 principes ?
A partir des données mondiales de consommation de carburants fossiles (charbon, gaz, pétrole) publiées par l’Agence internationale de l’énergie pour 2007, et en appliquant le prix de 32€ par tonne de CO2 (soit 8 centimes par litre d’essence) proposé par les experts de la commission Rocard, nous obtenons les chiffres annuels suivants :
- Redistribution annuelle individuelle : 140€ (soit la dépense carbone moyenne par individu) ;
- Dépense carbone moyenne par individu selon les pays suivants :
Américain du nord : 600€ (et reçoit 140€),
Européen de l’Ouest : 300€ (et reçoit 140€),
Chinois : 100€ (et reçoit 140€),
Indien : 40€ (et reçoit 140€),
Sénégalais : 11€ (et reçoit 140€),
Ce sont des chiffres moyens, chaque individu payant en fait exactement selon sa quantité consommée de carbone, tandis que la redistribution, elle, est la même pour tout le monde.

Que disent ces chiffres ? Une contribution de l’ordre de 8 centimes d’euro par litre de carburant entrainerait annuellement une dépense carbone moyenne par être humain de 140€. Ces chiffres montrent l’extrême disparité de notre impact sur le climat. Les pauvres sont ceux qui polluent le moins et il est normal et juste qu’ils soient récompensés financièrement par ceux qui polluent beaucoup. Cette redistribution individuelle est indispensable pour que les plus pauvres ne soient pas pénalisés par cette augmentation volontaire du cout des carburants fossiles.

Ces chiffres moyens par individu, se traduisent aussi en transfert financier (les fonds récoltés moins les fonds redistribués localement) des pays pollueurs vers les pays moins pollueurs. Ainsi l’Amérique du Nord et l’Europe devraient transférer chaque année vers ce fonds Climat un peu plus de 200 milliards € . On est bien au-delà des 100 milliards $ évalués à Copenhague pour aider chaque année les
pays pauvres à se défendre contre le réchauffement climatique.

La modestie de l’effort par rapport à l’ampleur de l’enjeu peut faire douter. Mais les chiffres sont là, à la disposition de tous. C’est à nous citoyens de dire à nos gouvernements qu’il faut proposer à Cancun ce principe de Contribution Climat Universelle, une proposition concrète pour changer le système, pas le climat.
Parlons ensemble au contre sommet de Cancon (Lot et Garonne) le samedi 4 décembre 2010.




Source : Courriel à Reporterre.

Jean Sireyjol Président de l’association citoyenne taca.

Contact : http://taca.asso-web.com

Lire aussi : Cancon, pas Cancun http://www.reporterre.net/spip.php?...

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