Climat : sortir des incantations

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3 juin 2010 / Maximes Combes

La négociation climatique a repris à Bonn. Mais en l’absence d’actes concrets pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, cette négociation est vaine. Les mouvements sociaux se préparent à peser.


Plus de 5 mois après la clôture calamiteuse de la COP-15 de Copenhague, et 6 mois avant la Cop-16 de Cancun au Mexique (29 nov – 10 déc), la rencontre intermédiaire de Bonn (31 mai – 11 juin) s’est ouverte dans un climat de défiance.

D’Yvo de Boer à Christiana Figueres qui va lui succéder le 1er juillet, en passant par les négociateurs et observateurs les plus avertis, les déclarations annonçant qu’il n’y aura pas d’accord sur le climat cette année et qu’il faudrait se contenter des mesures « opérationnelles » pour aider les pays les plus pauvres et protéger les forêts, ne cessent de se multiplier.

Comme s’il était possible d’écarter le cœur des négociations – les engagements contraignants de réduction de GES (gaz à effet de serre) des pays développés – pour se concentrer sur ce qui serait plus aisé. De fait, les pays développés agitent quelques milliards d’euros et des mécanismes de financements de projets moins carbonés au Sud pour masquer leur propre incapacité à réduire leurs émissions domestiques de GES et transformer leurs modèles économiques. Certains pays du Sud, comme la Bolivie, et les mouvements sociaux ne sont pas dupes et réclament que les propositions contenues dans l’accord des peuples de Cochabamba, notamment un engagement de réduction de 50 % d’ici 2020, soient intégrées dans les textes des négociations au même niveau que celles du pseudo-accord de Copenhague.

Il faut rappeler à celles et ceux qui disent souhaiter redonner « confiance dans le processus de négociations » que cette « confiance » nécessite des actes et non plus des engagements vagues au final non tenus. Aujourd’hui, l’incurie des principaux gouvernements de la planète ont de fait ouvert la porte à l’offensive des climato-sceptiques. Face à cela, les mouvements sociaux sont revenus de Cochabamba avec un agenda de rendez-vous et d’initiatives pour 2010 – ici à Bonn et semaine internationale d’actions décentralisées du 10 au 16 octobre – afin d’imposer de véritables solutions, dans les négociations et sur le terrain. Seul un véritable rapport de force, s’appuyant sur des revendications globales ancrées dans des pratiques alternatives le permettra.




Source : http://climatjustice.org/2010/06/02...

Lire aussi : Rebondir après Copenhague http://www.reporterre.net/spip.php?...

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