« Climatiser l’été, c’est comme chauffer l’hiver » : l’affirmation trompeuse du RN
Un climatiseur peut rejeter de l'air jusquà 50 °C dans l'espace public. - Pexels / CC / Jose Antonio Gallego Vázquez
Un climatiseur peut rejeter de l'air jusquà 50 °C dans l'espace public. - Pexels / CC / Jose Antonio Gallego Vázquez
Durée de lecture : 1 minute
Invité de France 2 vendredi 19 juin, le député RN Franck Allisio a défendu le plan de climatisation porté par son parti en comparant le fait de climatiser l’été à celui de chauffer l’hiver, jugeant cette pratique tout aussi peu problématique pour le climat.
Une analogie que le média Bon Pote, auteur d’une enquête fouillée sur la climatisation, vient nuancer. Sur le seul plan des émissions, l’argument n’est pas totalement infondé : le mix électrique français étant décarboné à 95 %, la climatisation ne représente qu’un poste d’émissions marginal à l’échelle nationale. Mais la comparaison occulte un effet que le chauffage hivernal ne produit pas : les climatiseurs rejettent de l’air chaud directement dans la rue, aggravant les îlots de chaleur urbains au moment même où il fait déjà très chaud. Selon une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme, un climatiseur installé en rez-de-chaussée peut « rejeter de l’air à 50 °C, voire plus » dans l’espace public.
Cette généralisation de la climatisation pose aussi un problème d’infrastructure : RTE prévoit que la consommation électrique liée à ces systèmes pourrait plus que doubler d’ici 2050, accentuant la pression sur un réseau déjà fragilisé pendant les pics de chaleur. Comme l’indique l’article de Bon Pote, la clim sauve des vies mais ne peut, seule, constituer une politique de refroidissement : les solutions passives — isolation, protections solaires, ventilateurs — devraient être priorisées avant d’y recourir systématiquement.