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ReportageQuotidien

Canicule : dans le Finistère, une journée éprouvante sans électricité

Une panne du transformateur RTE dans la commune d’Ergué-Gabéric (Finistère), a provoqué des coupures d'électricité (photo d'illustration).

Un transformateur du réseau RTE a explosé sous l’effet de la chaleur, privant d’électricité des milliers de foyers du Finistère-Sud pendant plus de 24 h. Comment les habitants ont-ils géré ? Reportage à Guengat.

Guengat (Finistère), reportage

Il fait 40 °C en ce début d’après-midi, le 24 juin, dans la commune de Guengat, 1 650 habitants. L’atmosphère est étouffante dans les rues autour de l’église. Dans la cour de sa maison, le visage perlé de sueur, Dominique, tente de mettre en marche un groupe électrogène pour rebrancher son congélateur. « On a de la viande dedans, j’espère qu’on pourra la garder, mais je ne sais pas si le générateur sera assez puissant », glisse le trentenaire. « On n’a pas d’électricité ni de réseau depuis hier soir. Il ne faudrait pas que ça dure », ajoute sa femme Mallaury, qui est enceinte.

Sur son balcon, leur voisin, Patrick, se veut optimiste. « Pour l’instant, ça va. Je me débrouille : ce midi, j’ai mangé froid et j’écoute la radio pour me tenir informé. »

Quasiment toute la commune a été privée d’électricité à partir du 23 juin. Le retour total à la normale a été effectif à 22 h 40 le 24 juin au soir, a indiqué la préfecture. La raison de ces coupures : l’explosion d’un transformateur du réseau RTE à Erbé-Guébaric, à vingt minutes de là, à cause de la chaleur. Il alimente près de 100 000 foyers. Cet incident a engendré une panne « d’une ampleur inédite sur les quinze dernières années », selon RTE.

Dans plusieurs communes, comme Briec ou Quimper, le courant a pu être rétabli dans la soirée de mardi 23 juin ou dans la matinée de mercredi. Mais à Guengat, ce 24 au soir, tout tourne au ralenti. Le bar-tabac et la boulangerie sont restés fermés, faute de courant, et le restaurant de burgers va devoir jeter toute la nourriture de son frigo. Au cabinet médical, le Dr Bichat, médecin généraliste, a dû annuler et reporter ses rendez-vous non urgents. « Sans électricité, nous ne pouvons pas prendre la carte vitale et nous n’avons pas accès aux dossiers informatiques des patients », explique le médecin.

Céline Erny Marchalot, infirmière en pratique avancée au cabinet, s’inquiète aussi de la fermeture des pharmacies dans plusieurs communes alentour. « Elles ne peuvent pas ouvrir parce que leurs portes électriques sont bloquées. Mais c’est surtout pour les médicaments conservés au frais dans les frigos qu’il risque d’y avoir un problème », selon la jeune femme.

Pas de clim, pas de mails ni de cantine

À la mairie, des élus et quelques bénévoles font la liste des personnes vulnérables qu’ils vont aller visiter au cours de l’après-midi. La municipalité n’a pas pu organiser d’accueil dans un espace climatisé pour les habitants, comme cela avait été fait en 2023, lors d’une grosse coupure d’électricité liée au passage de la tempête Ciaran.

« Il n’y a pas de clim à la mairie ni à la médiathèque, explique Morgane, la chargée d’accueil en agitant son éventail, et on ne peut pas non plus utiliser la boîtes mail de la mairie. » Un problème à régler rapidement, car elle doit trouver un moyen d’avertir les parents des élèves des écoles que la cantine sera fermée le lendemain, faute de repas à servir. La chaîne du froid a été brisée par la panne d’électricité et le prestataire ne pourra pas en fournir d’autres.

Les portes de la mairie n’arrêtent pas de s’ouvrir. « C’est toujours pour 17 heures le retour de l’électricité ? », demande une retraitée à Morgane. Quelques instant plus tard, un trentenaire, venu lui aussi s’enquérir du retour à la normale, s’agace de la situation avant de se radoucir. « On est en 2026 et il faut vingt-quatre heures pour rétablir le courant ? C’est abusé. » Une réparation d’autant plus difficile que les agents chargés de cette tâche devaient travailler sous de fortes chaleurs.

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