Fast-fashion : la loi enfin adoptée, mais édulcorée
Action à Paris pour dénoncer la fast-fashion et le gaspillage vestimentaire, le 24 novembre 2022. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
Action à Paris pour dénoncer la fast-fashion et le gaspillage vestimentaire, le 24 novembre 2022. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
Durée de lecture : 1 minute
Voilà, elle est adoptée. Le 29 juin, la loi visant à « réduire l’impact environnemental de l’industrie textile » a été définitivement adoptée par le Sénat. Il aura fallu plus de deux ans — la proposition de loi avait été déposée début 2024 — pour accoucher d’un texte qui en cours de route a beaucoup perdu de ses ambitions.
Cette loi, surnommée loi anti-fast-fashion, ciblait à l’origine toute la mode éphémère, mais lors des débats au Parlement, elle a été réorientée surtout vers l’« ultra-fast-fashion », autrement dit les seules plateformes de vente telles que Shein ou Temu. Ceci afin de ménager les enseignes françaises ou européennes.
Un malus de 50 % du prix du produit
La loi repose sur trois mesures structurantes : un malus pouvant atteindre 50 % du prix du produit, qui pourrait être applicable dès le 1ᵉʳ septembre 2026 ; l’obligation d’afficher des messages de sensibilisation au réemploi, à la sobriété et au recyclage sur les sites des plateformes concernées ; l’interdiction de toute forme de publicité pour les produits d’ultra-fast-fashion. Au grand dam de la coalition Stop fast-fashion, qui y voit un glissement vers un texte protectionniste, diluant les enjeux environnementaux.
Ce dispositif édulcoré risque de bénéficier à l’ultra-fast-fashion, prévient sur LinkedIn Flore Berlingen, coordinatrice du collectif En Mode climat, « sauf si le gouvernement sécurise l’ambition du texte au travers du décret qui fixera les modalités précises d’application de la définition de l’ultra-fast-fashion d’une part, et des pénalités d’autre part ». Mais ce n’est pas ce qui semble se dessiner, déplore la militante.